Brésil : Près de 3000 travailleurs esclaves libérés en 2012
Des chiffres en augmentation, des pratiques qui évoluent
Salvador de Bahia, 14 mai 2013 (Apic) 2’849 travailleurs ont été sauvés de conditions analogues à l’esclavage au Brésil en 2012. Ces rescapés sont le fruit de 255 actions d’inspection réalisées par le Ministère du travail et de l’emploi (MTE). Ce chiffre représente une augmentation de près de 12,5% par rapport à 2011 (2’491 personnes libérées) et de plus de 7,7% comparé à 2010 (2’628 personnes libérées).
Les chiffres ont été rendus publics le 13 mai 2013 par le Département d’inspection pour l’éradication du travail esclave (DETRAE), un organisme rattaché au Ministère du Travail et de l’Emploi (MTE).
La DETRAE a mis l’accent sur l’opération qui a permis de libérer, en une seule fois, le plus grand nombre de travailleurs esclaves. Dans la région de Marabá, dans l’état du Para, au cœur de l’Amazonie brésilienne, 150 personnes, fabriquant du charbon de bois ont été libérés de leurs conditions de travail indignes. Lors de cette opération, les agents du MTE, les représentants de la justice et les agents de la police fédérale ont noté que certains travailleurs esclaves avaient été menacés de mort s’ils refusaient de se soumettre aux conditions imposées par leur exploitant. Outre l’emploi illicite de ces travailleurs, le propriétaire des terres a également été accusé de crime environnemental et d’usages de faux documents sur provenance des arbres brûlés pour la fabrication de charbon.
Situations dégradantes
«Il est important d’observer le nombre de personnes sauvées par rapport à la quantité d’opérations d’inspections menées, souligne Luis Machado, Coordinateur du projet de combat du travail esclave de l’antenne brésilienne de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Mais on constate un changement dans la nature des délits, en particulier dans le monde rural, où les situations de travail esclave ne sont quasiment plus liées à la privation de liberté, mais plutôt à des situations dégradantes ou à des journées de travail épuisantes.» Le représentant de l’OIT attribue cette modification au travail accompli depuis 1995 par les inspections sur le travail esclave contemporain. (apic/jcg/mp)



