Des choix qui reflètent «l’universalité de l’Eglise»

Rome: Le prochain consistoire convoqué par le pape réserve quelques surprises mais pas de grands chamboulements

Rome, 20 octobre 2010 (Apic) Les choix de Benoît XVI, concernant le consistoire convoqué le 20 octobre pour le mois de novembre, réservent quelques surprises. Les équilibres continentaux au sein du collège cardinalice ne seront cependant pas chamboulés. Les cardinaux électeurs européens restent majoritaires et les Italiens toujours plus présents.

S’il a très logiquement créé cardinal Mgr Amato (causes des saints), Mgr Piacenza (clergé), Mgr Baldelli (grand pénitencier) et Mgr Burke (signature apostolique), nommés ex officio, Benoît XVI a aussi choisi de revêtir de pourpre trois des huit présidents de conseils pontificaux encore évêques (dont deux récemment nommés): Mgr Ravasi (culture), Mgr Koch (unité des chrétiens) et Mgr Sarah (Cor Unum). Le pape a ainsi décidé de donner plus de poids à ces dicastères aux dépens des chefs des conseils pontificaux en charge des migrants, des communications sociales, de la santé, des textes législatifs et de la nouvelle évangélisation.

Un peu plus de place aux Africains

En particulier, le choix inattendu du Guinéen Robert Sarah semble guidé par la volonté d’accorder un peu plus de représentativité aux Africains au sein du collège cardinalice, tout comme le choix de l’ancien archevêque de Lusaka (Zambie), Mgr Mazombwe. La nomination de l’archevêque de Kinshasa (RDC), Mgr Monsengwo Pasinya, était quant à elle attendue. Après le prochain consistoire, et avec la nomination du patriarche d’Alexandrie des coptes, Mgr Naguib, l’ensemble du continent africain comptera 12 cardinaux électeurs. Les Africains représenteront alors 10 % des électeurs, contre 8 % auparavant.

Sans surprise, Benoît XVI créera cardinal certains évêques titulaires de sièges cardinalices à travers le monde et dont le prédécesseur a déjà atteint 80 ans. Mais en l’absence de candidats d’Amérique latine, le pape a choisi d’offrir une barrette rouge à deux prélats: l’ancien archevêque de Quito (Equateur), Mgr Vela Chiriboga, et l’archevêque d’Aparecida (Brésil), Mgr Damasceno Assis. De fait, Quito et Aparecida ne sont pas des sièges cardinalices. L’ensemble du continent américain comptera désormais 36 cardinaux électeurs.

Au Canada, cependant, nombre d’observateurs ne cachent pas leur étonnement devant l’absence, dans la liste du pape, de l’archevêque de Toronto, Mgr Thomas Collins. En effet, son prédécesseur, le cardinal Ambrozic, a 80 ans depuis janvier dernier. Présent au Synode pour le Moyen-Orient, au Vatican, l’actuel archevêque de Toronto avait même déjà reçu, par avance, plusieurs messages de félicitations…

L’Italie toujours en tête

En dévoilant devant les quelque 22’000 fidèles présents à l’audience générale, place Saint-Pierre, la liste des futurs «princes de l’Eglise», Benoît XVI a souligné que ses choix reflétaient «l’universalité de l’Eglise». Pour autant, notent plusieurs observateurs, les Européens restent majoritaires aux sein des cardinaux électeurs (62 sur 121), et les Italiens (25) sont toujours très présents. Plus d’un électeur sur cinq est ainsi originaire de la péninsule italienne.

En outre, en créant cardinal Mgr Velasio De Paolis, le pape donne plus de poids au président de la préfecture des Affaires économiques du Saint-Siège, un haut prélat également délégué pontifical auprès des Légionnaires du Christ.

Doyen de 96 ans

Avec ces nouvelles nominations, le doyen des cardinaux reste l’Italien Ersilio Tonini, 96 ans. Le plus jeune des membres du collège cardinalice n’est plus, désormais, le Hongrois Peter Erdö, mais l’Allemand Mgr Reinhard Marx, archevêque de Munich-Freising, né le 21 septembre 1953.

Enfin, comme à chaque consistoire, le pape a choisi d’offrir une barrette cardinalice à quelques prélats ou évêques âgés de plus 80 ans, dans le but de saluer «leur générosité et leur dévouement au service de l’Eglise». Parmi eux, Mgr Domenico Bartolucci, maître de chœur de la Chapelle Sixtine de 1956 à 1997, aujourd’hui âgé de 93 ans. Le pape rend ainsi hommage à un maître de chœur classique, nommé par Pie XII, et dont le départ, en 1997, avait marqué l’ancien cardinal Ratzinger. De plus, en créant cardinal l’ancien président de l’Académie pontificale pour la vie, Mgr Elio Sgreccia, Benoît XVI salue les nombreux combats de ce prélat italien contre l’avortement ou l’euthanasie.

Le 20 novembre, Benoît XVI présidera au Vatican le troisième consistoire de son pontificat. Les cardinaux électeurs créés par Benoît XVI seront alors au nombre de 50 et les cardinaux électeurs créés par Jean-Paul II au nombre de 71. Au cours de son pontificat, le pape polonais avait créé 232 cardinaux, dont un in pectore. (apic/imedia/ami/nd)

20 octobre 2010 | 17:07
par webmaster@kath.ch
Partagez!