Des chrétiens tolérés mais discriminés
Bhoutan: Des pasteurs protestants condamnés pour «tentative de prosélytisme»
Thimphou, 20 septembre 2014 (Apic) Deux pasteurs protestants ont été condamnés à plusieurs années de prison, au Bhoutan, pour «tentative de prosélytisme». Bien que tolérés depuis quelques années, les chrétiens du petit royaume himalayen à large majorité bouddhiste sont toujours réprimés et discriminés, rapporte le 19 septembre 2014, l’agence d’information catholique «Asia News».
D’après Eglises d’Asie (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris, la cour bhoutanaise a condamné le pasteur Tendin Yangwal à quatre ans de prison fermes. Il est principalement accusé d’avoir utilisé des fonds venant d’organisations chrétiennes étrangères pour procéder à du prosélytisme chrétien. L’autre pasteur, connu sous le nom de Lobzang, a reçu une sentence de deux ans et quatre mois avec sursis pour avoir organisé «sans autorisation», une rencontre de prière avec des chrétiens du sud du pays.
Le ministre de l’Intérieur du Bhoutan a soutenu le verdict, assurant que les deux hommes avaient violé le code pénal. «Asia News» note qu’au cours de l’audience, les chefs d’accusation ont changé de façon répétée et qu’aucune preuve n’a été présentée.
Les chrétiens perçus comme un danger pour l’identité bouddhiste
En 2006, le Bhoutan a commencé à développer une forme de démocratie formelle après des siècles de pouvoir monarchique absolu dans lequel toute religion autre que le bouddhisme était bannie. La Constitution adoptée en 2008 reconnaît, au moins formellement, la liberté religieuse, pour autant que les pratiques correspondantes soient rapportées aux autorités.
Ces dernières années, des temples hindous ont été construits, mais les chrétiens ne sont pas autorisés à bâtir des églises, des écoles, à publier des Bibles ou à célébrer des messes en public. Les chrétiens sont en fait considérés comme une «avant-garde de l’Occident» et souvent perçus comme un danger pour l’identité nationale du Bhoutan, associée de près au bouddhisme, affirme «Asia News». En cas de conversion, une personne peut perdre sa citoyenneté. Le culte est limité à la sphère privée et les missionnaires étrangers ne sont pas admis. Il n’existe pas non plus de cimetières pour les religions minoritaires.
Selon les estimations, 75% des Bhoutanais sont bouddhistes, 22% hindouistes. Le reste serait composé de représentants du christianisme et d’autres religions. Les chrétiens seraient 20’000 sur une population totale de 700’000. (apic/asian/eda/rz)



