Corée du Sud: Des prêtres catholiques s’opposent à la construction d’une base militaire
Des clercs brutalisés et emprisonnés
Séoul, 31 décembre 2012 (Apic) L’Eglise catholique de Corée du Sud se joint depuis six ans aux protestations contre le projet du gouvernement de construire une base militaire sur l’île de Jeju, classée à l’UNESCO. Plusieurs prêtres ont été arrêtés.
L’affaire de la base navale de l’île de Jeju n’en finit pas d’empoisonner les relations entre l’Eglise catholique et les autorités sud-coréennes, rapporte le 27 décembre 2012, Natalia Trouiller, dans le magazine catholique français «La Vie».
En 2007, le gouvernement de Roh Moo-hyun lance, sous pression américaine, un projet de base navale prétendument touristique. Mais les véritables intentions du gouvernement fuitent rapidement. Il s’agit de construire une base militaire sur l’île, base qui constituerait un élément clé du dispositif américain de surveillance à la fois de la Chine et de la Corée du Nord. Le problème est que le site est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Le projet unit contre lui à la fois les écologistes, les amoureux d’histoire et les habitants de la région, qui se retrouveraient à l’épicentre des tensions sino-américaines. Les contestataires dénoncent également les atteintes à l’environnement. Ce littoral protégé abrite un riche écosystème marin.
Pèlerinage sur le site
L’Eglise catholique a affirmé à plusieurs reprises son opposition à cette construction. De nombreux prêtres n’hésitent pas à manifester, de façon parfois spectaculaire, sur place. En mars 2012, l’Association des prêtres catholiques pour la Justice a organisé un pèlerinage sur l’île. Le lendemain, le père Song Young-sup était arrêté pour avoir tenté de démolir une clôture du chantier. Le père Joseph Kim Chong-uk, un jésuite, avait été arrêté en avril dernier pour avoir protesté pacifiquement, avant d’être relâché.
En août, le père Bartholomew Mun Jung-hyun, un prêtre diocésain, avait été bousculé en pleine messe sur le site par des policiers. Les hosties consacrées avaient été répandues sur le sol. Le 24 octobre dernier, un autre jésuite, le père John Lee Young-chan, a été arrêté pour avoir essayé d’empêcher l’arrestation apparemment très brutale d’une opposante au projet. Le Comité Justice et Paix des évêques de Corée du Sud et la Compagnie de Jésus ont déjà publié un appel à la libération du père Lee. Sans succès pour le moment. (apic/lavie/rz)



