Genève: Journée mondiale contre les mutilations génitales féminines

Des dizaines de millions de femmes concernées

Genève (Agence Fides) Les mutilations génitales féminines (MGF) affectent entre 100 et 140 millions de filles et de femmes à travers le monde. C’est dans le but de mettre fin à ces pratiques inhumaines que la «journée internationale de tolérance zéro envers les mutilations génitales féminines» a mobilisé, le 6 février 2013 à Genève, un grand nombre d’organisations.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Comité interafricain sur les pratiques traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants (CIAF) et le Département de la sécurité, de la police et de l’environnement (DSPE) du Canton de Genève sont quelques unes des organisations qui ont présenté à l’occasion de la journée internationale des données actualisées sur les MGF. Les partenaires ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur coordination aux niveaux local, national, régional et international.

«Il s’agit non seulement de mieux connaître ces pratiques, mais également de consolider notre détermination commune à travailler à leur éradication», a affirmé Isabelle Rochat, Conseillère d’Etat genevoise en charge du DSPE. Les organisations ont décrit les mesures prises pour lutter contre cette violation des droits fondamentaux, constatée dans 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient.

Selon le droit international, la MGF est une violation des droits humains à la santé, à la sécurité et à l’intégrité physique. Elle est en outre assimilée à une torture cruelle, inhumaine et dégradante et à une forme extrême de discrimination des femmes et des fillettes, rappelle l’agence missionnaire «Fides».

Mobilisation et résultats

En 2008, le Fonds des Nations unies pour la Population et l’UNICEF ont lancé un programme pour éliminer cette pratique. Environ 10’000 communes de 15 pays y ont adhéré. Mme Berhane Ras-Work, directrice du CIAF s’est réjouie du fait que des chefs religieux africains s’expriment maintenant ouvertement contre les MGF et ont créé des réseaux. En décembre 2012, l’Assemblée générale des Nations unies a approuvé une résolution visant à intensifier les efforts d’élimination des MGF. Toujours en 2012, plus de 700 communautés africaines se sont publiquement engagées à éradiquer le phénomène. ¨

En Suisse, les Chambres fédérales sont saisies d’un projet de loi spécifique permettant de réprimer les mutilations commises dans le pays, mais aussi celles commises à l’étranger par des résidents suisses.

Une pratique destructrice

Selon les données de l’UNICEF, les excisions ont diminué ces dernières années. 30 millions de fillettes de moins de 15 ans sont néanmoins en danger d’être soumises à ces pratiques.

Les experts signalent que de nombreuses jeunes filles meurent par hémorragie ou à cause d’infections dans les semaines qui suivent l’opération. Celles qui survivent sont sujettes à toutes sortes de problèmes de santé pouvant aller jusqu’à la stérilité. (apic/fides/rz)

10 février 2013 | 14:46
par webmaster@kath.ch
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