Bolivie et Venezuela également visés, sans être nommés
Des évêques américains dénoncent le projet de mur séparant les Etats-Unis et le Mexique
Rome/Washington, 22 octobre 2006 (Apic) Des évêques du continent américain réunis au Vatican ont dénoncé le projet de loi récemment approuvé par le Congrès des Etats-Unis en vue de la construction d’un mur sur la frontière avec le Mexique afin de lutter contre l’immigration clandestine. Sans les nommer, les prélats ont visé le Venezuela et la Bolivie pour leur manière populiste et démagogique d’envisager la démocratie.
Réunis début octobre, les membres du Conseil spécial pour l’Amérique du Secrétariat général du Synode des évêques ont aussi invité à promouvoir la défense de la vie sur le continent face à la croissance du nombre d’avortements, indique un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège publié le 21 octobre.
«La situation sociale et ecclésiale du continent montre des signes d’espérance, mais aussi de préoccupation», ont en premier lieu indiqué les membres du Conseil spécial pour l’Amérique. Ils ont cependant vite regretté les «graves problèmes de pauvreté, d’émigration et de violence dans les pays de l’Amérique centrale et méridionale, auxquels s’ajoutent le trafic de drogue et le commerce des armes».
Selon les prélats, le projet de loi qui prévoit un prolongement du mur le long de la frontière Etats-Unis/Mexique ne résoudra pas le problème du flux migratoire entre les deux pays et ne permettra pas l’instauration d’une politique migratoire coordonnée et humanitaire. Fin septembre, en pleine campagne électorale, le Congrès américain a ainsi décidé la construction d’un mur sur plus du tiers de la frontière avec le Mexique pour «résoudre» le problème de l’immigration clandestine. Ce mur construit d’ici fin 2008 devrait s’étendre sur 1’200 km des 3200 km de frontière entre les deux pays.
Bolivie et Venezuela visés
La 11e réunion du Conseil spécial pour l’Amérique du Secrétariat général du Synode des évêques s’est aussi inquiétée de la situation politique de certains pays du continent. «La crise des structures démocratiques favorise des formes populistes et démagogiques de gouvernement, souvent de style néo marxiste et tendant à manipuler la promotion sociale pour des motifs idéologiques», ont ainsi dénoncé les membres du conseil, faisant sans doute allusion, sans les nommer, à la Bolivie, au Venezuela, et, dans l’attente du second tour de la présidentielle, à l’Equateur.
Les prélats américains ont une nouvelle fois relevé «les pièges de l’augmentation des divorces, de la diffusion de l’avortement, de l’infanticide et de la mentalité contraceptive», encourageant «une réaction décisive face à une telle mentalité par l’accroissement d’initiatives pastorales tournées vers les familles». «La défense de la vie s’impose comme un devoir fortement actuel face à des tentatives directes d’introduire ou de développer l’avortement», ont souligné les cardinaux et les évêques du continent américain. Ils ont aussi noté que, «dans quelques pays», il manquait «des lois précises sur l’avortement et l’expérimentation génétique».
Enfin, les cinq cardinaux et six évêques participant à la réunion ont noté le signe encourageant de l’augmentation des vocations au sacerdoce sur le continent. Ils ont cependant regretté la baisse du nombre de vocations religieuses féminines.
La prochaine réunion du Conseil spécial pour l’Amérique du Secrétariat général du Synode des évêques devrait se réunir les 9 et 10 octobre 2007. Jean-Paul II avait convoqué un Synode spécial sur l’Amérique en 1997 et publié son Exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in America en janvier 1999. (apic/imedia/ami/pr)



