Indonésie: Un leader chrétien se dit alarmé par les menaces sur les minorités

Des extrémistes étrangers mettent la vie des chrétiens en danger

Djakarta, 5 mai 2010 (Apic) La vie devient difficile – si ce n’est dangereuse – pour les chrétiens en Indonésie à cause des extrémistes venus de l’étranger, a mis en garde le chef d’un rassemblement chrétien. « Pendant des siècles, musulmans et chrétiens ont vécu en harmonie et ont coexisté pacifiquement, mais des agents étrangers de l’extrémisme basée sur la charia, la loi islamique, menacent la paix et l’harmonie de notre pays », a déclaré le pasteur Gomar Gultom, secrétaire général de la Communion des Eglises d’Indonésie.

Le pasteur Gultom était interviewé par le correspondant de l’agence ENI à l’occasion de l’Assemblée générale de la Conférence chrétienne d’Asie (CCA), qui s’est tenue du 14 au 21 avril à Kuala Lumpur, en Malaisie. Il a affirmé que, depuis 2008, les chrétiens font les frais de l’influence « d’éléments extérieurs ayant des origines et des orientations arabes », qui, selon lui, « ont infiltré les partis politiques nationaux et locaux des musulmans modérés » en Indonésie. « Notre Constitution indonésienne garantit les droits de la personne, la liberté de religion et les libertés publiques, et notre gouvernement souhaiterait faire de notre nation un Etat qui ne serait ni religieux, ni laïque, mais une nation de pluralité », a-t-il déclaré.

Cependant, « ces agents extérieurs de l’extrémisme profitent de la faiblesse de notre gouvernement et de l’illettrisme de beaucoup de villageois, et ils influencent désormais les politiques officielles en imposant un mode de vie et un culte uniques, ce qui constitue une menace pour les objectifs de pluralité de notre pays », a dénoncé le pasteur Gultom.

Interruptions de culte et destructions d’églises

En Indonésie, l’islam est la religion majoritaire, avec 200 millions de musulmans sur les 240 millions d’habitants que compte le pays, ce qui fait de l’Indonésie le plus grand pays musulman au monde. Les protestants constituent 5,7% de la population et les catholiques romains 3%. Dans un rapport présenté à l’Assemblée de la CCA, le pasteur Gultom a énuméré une liste de 28 cas de violations des droits de la personne et de la liberté religieuse subis par des responsables chrétiens et des fidèles en 2008 et 2009. Il relève notamment l’interruption de cultes et de la construction d’églises, ainsi que la démolition d’édifices religieux existants, comme l’église anglicane de Bandung, dans la province de Java Ouest.

Il a mentionné le cas de Dominikus Supriyanto, membre d’une Assemblée législative de la province de Sumatra Ouest. En 2008, il avait remporté une élection sous la bannière du Parti démocrate d’Indonésie, mais il a dû faire face à des difficultés parce qu’il était catholique romain, a raconté le pasteur. « Des gens ont détruit sa maison à coups de pierres et il a reçu des menaces », a affirmé le pasteur Gultom. On a fait comprendre à Dominikus Supriyanto que s’il voulait garder son siège à l’Assemblée législative, il devait se convertir à l’islam. (apic/eni/bb)

5 mai 2010 | 17:38
par webmaster@kath.ch
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