Belgique: Le cardinal Danneels entendu comme témoin dans les enquêtes sur des cas de pédophilie
Des faits nouveaux qui intriguent
Bruxelles, 6 juillet 2010 (Apic) Le cardinal Godfried Danneels, ancien primat de l’Eglise catholique en Belgique, a été entendu mardi 6 juillet à Saint-Josse (Bruxelles-Capitale) dans les locaux de la police judiciaire fédérale. Il était auditionné à la suite des enquêtes menées par la justice belge sur des faits de pédophilie présumés au sein de l’Eglise belge.
Jeudi 24 juin, des perquisitions avaient été menées dans les bureaux de l’archevêché de Malines-Bruxelles, au domicile du cardinal ainsi qu’au siège de la commission Adriaenssens, la commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale. Les enquêteurs avaient notamment saisi l’ordinateur du cardinal. Ce dernier est entendu par les enquêteurs pour répondre aux accusations de plusieurs victimes présumées, selon lesquelles il était au courant des faits mais ne les avait pas dénoncés, ce qu’il a toujours nié.
L’Eglise belges outrée
Les enquêteurs avaient perquisitionné le palais épiscopal de Malines, au nord de Bruxelles, au moment même où les évêques belges tenaient leur assemblée. Ils avaient été retenus pendant neuf heures, leur téléphone confisqué. L’Eglise belge s’était également déclarée outrée par la fouille dans la crypte de la cathédrale Saint-Rombaut de Malines où des forages ont été effectués dans les tombes des cardinaux Léon Joseph Suenens et Joseph-Ernest Van Roey.
Après la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, puis le cardinal Tarcisio Bertone lui-même, Benoît XVI avait condamné, le 27 juin 2010, les méthodes «surprenantes et déplorables» employées par la police belge lors de la perquisition effectuée 3 jours plus tôt à l’archevêché de Malines-Bruxelles et à la cathédrale de Malines, dans le cadre d’une enquête sur des abus sexuels dans l’archidiocèse.
Des documents judiciaires confidentiels provenant des dossiers Dutroux et Julie et Melissa
Le Père Eric De Beukelaer, porte-parole de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles, cité par l’agence de presse Belga, s’est dit mardi surpris par les révélations publiées mardi par le quotidien flamand «Het Laatste Nieuws» selon laquelle le parquet de Bruxelles a trouvé, lors des perquisitions à l’archevêché de Malines, des documents provenant du dossier Dutroux, ainsi que des dizaines de photos des exhumations des corps de Julie et Melissa. Ces pièces judiciaires confidentielles concernant de la pédophilie n’étaient destinées qu’à la justice. Elles auraient été retrouvées dans les nombreux documents saisis le 24 juin au palais épiscopal de Malines. Il s’agit de rapports entre magistrats, qui n’étaient destinés qu’à la justice et certainement pas à l’Eglise, note la presse belge.
«Nous ne savons rien de ces dossiers. Nous nous demandons d’où viennent ces informations», rapporte mardi le quotidien belge «La Dernière Heure». Le journal précise que, lors des auditions qui ont suivi les perquisitions, personne n’a fait état de ces documents.
«J’ai moi-même été entendu et on ne m’a pas du tout interrogé sur ces documents. L’archevêché est énorme. Beaucoup de documents ont été envoyés mais je ne sais rien sur ceux-ci. Il faut être très prudent», relève Eric De Beukelaer. Concernant d’éventuels dossiers brûlés concernant des cas de pédophilie dans l’Eglise, le Père De Beukelaer dit tout ignorer de ces dossiers. (apic/belg/lesoir/be)



