Des femmes à la Garde? Pas pour demain, et ni après-demain

Rome: Le commandant de la Garde suisse pontificale salue le «charisme tranquille» du pape

Rome, 6 mai 2010 (Apic) A l’heure de la prestation de serment de 31 nouveaux gardes, dans l’après-midi du 6 mai 2010, Daniel Anrig, commandant de la Garde suisse pontificale depuis novembre 2008, évoque le «charisme tranquille» de Benoît XVI. Interrogé par I.Media, le commandant de ce corps de quelque 110 hommes se félicite aussi des «bons rapports» établis avec la Gendarmerie vaticane et la police d’Etat italienne. Il y a un an, il évoquait la possibilité que des femmes entrent dans la Garde suisse. Une appréciation aujourd’hui revue et corrigée. En direction du non.

Q.: Voici près d’un an et demi que vous êtes à la tête de la Garde suisse pontificale, avez-vous fait la révolution ?

Daniel Anrig: Il s’est agi d’une période très intensive, car il fallait pouvoir analyser et regarder ce qu’il y avait à améliorer. Bien sûr, à la Garde suisse il n’y a jamais de révolutions, mais des développements bien réfléchis, et au besoin quelques changements. C’est ce que nous avons fait, surtout, pour la vie quotidienne et le service des gardes. Nous avons fait en sorte d’optimiser le travail des gardes pour que nous puissions remplir notre devoir. On a fait aussi en sorte de donner chaque semaine une journée entière de temps libre à chaque garde, pour leur donner aussi l’occasion de connaître l’Italie ! Nous avons fait aussi de grands progrès, déjà avec mon prédécesseur, sur la connaissance de la langue italienne par les gardes, mais il faut encore progresser.

Q.: Les horaires des gardes sont souvent épuisants et vous commandez aujourd’hui 110 hommes. Souhaiteriez-vous pouvoir en enrôler plus ?

Daniel Anrig: Je crois que la Garde doit respecter la situation économique actuelle de l’Eglise… Nous réussissons bien notre service mais, sans aucun doute, ce serait bien d’avoir plus d’hommes.

Q.: Depuis votre arrivée, qu’avez-vous la sensation d’avoir réussi en particulier ?

Daniel Anrig: L’avantage avec l’arrivée d’un nouveau commandant, venu de l’extérieur, est qu’il peut changer le climat interne, les rapports interpersonnels et ceux avec les institutions. Il me semble que j’ai réussi à créer de bons rapports autant à l’intérieur du corps qu’à l’extérieur, avec les autres institutions, surtout avec la Gendarmerie vaticane et la police d’Etat italienne.

Q.: Il y a un an, vous avez évoqué la possibilité que des femmes entrent dans la Garde suisse. Quelle impression vous a laissé cette petite phrase très médiatisée ? Avez-vous toujours le même avis ?

Daniel Anrig: J’ai surtout trouvé intéressant de voir ce qui plaît aux gens et aux médias ! Il s’est agi d’une belle expérience. En regardant en arrière, cela me fait un peu sourire. Pour l’entrée de femmes à la garde, je pense qu’un bon commandant reste toujours ouvert à toutes les solutions. Mais en regardant comment nous vivons aujourd’hui, cela ne me semble pas tellement réaliste.

Q.: Ce 6 mai vous présidez votre 2e prestation de serment. Qu’a-t-elle de particulier ?

Daniel Anrig: Cette prestation de serment a deux aspects importants. D’une part l’arrivée d’un nouvel officier, qui amène ici, comme moi, l’expérience d’un corps de police cantonale suisse. Par ailleurs, un quart des nouvelles recrues viennent du Canton du Valais, un canton qui renforce ainsi de nouveau la tradition d’être le plus important de la Garde suisse.

Q.: Vous êtes au plus près de Benoît XVI dans votre service. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur lui ?

Daniel Anrig: Il a un charisme serein, non seulement pour nous qui sommes à ses côtés, mais pour toute l’Eglise. Il possède ainsi un charisme qui tranquillise, y compris face à tout ce qui se passe à travers le monde. C’est un bel exemple, pour nous aussi, afin que nous sachions rester calmes en toute situation. (apic/imedia/ami/pr)

6 mai 2010 | 14:14
par webmaster@kath.ch
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