Rome: Les remèdes du cardinal Ravasi pour capter l’attention des fidèles

Des homélies incolores, inodores et sans saveur

Rome, 4 novembre 2011 (Apic) Le président du Conseil pontifical de la culture, le cardinal Gianfranco Ravasi, déplore que la prédication soit devenue «incolore, inodore et sans saveur, au point d’être désormais tout à fait insignifiante». Il s’exprimait devant un parterre de 200 personnes, le 3 novembre 2011 en ouverture d’un cycle de conférences sur le thème de la parole, organisé à Rome par «l’Institut français – Centre Saint-Louis».

Le cardinal Ravasi a invité les prédicateurs à prendre en compte les nouveaux langages pour capter l’attention des fidèles. «Nous devons retrouver cette dimension de la parole qui offense, qui inquiète, qui juge. Il est indiscutable que la prédication, ou au moins la présentation de la parole, est devenue incolore, inodore et sans saveur, au point d’être désormais tout à fait insignifiante», a-t-il déclaré.

Le haut prélat estime qu’il faut retrouver à nouveau «le scandale que crée la parole, en citant en exemple la Bible, dont la lecture peut inquiéter et parfois déconcerter. «Les grands textes sont jamais seulement informatifs, mais aussi performatifs».

L’exemple de «Twitter»

Le cardinal a proposé deux marches à suivre. Premièrement, il faut être conscient du fait que le public a subi une sorte de révolution dans la communication. «L’information télévisée et informatique demande par exemple d’être incisif, de recourir à l’essentiel, à la couleur, à la narration, de se rendre compte que l’interlocuteur qui se trouve en face de vous a une nouvelle longueur d’onde», a expliqué le chef du dicastère de la culture.

Une autre voie consiste à prendre en compte le fait que la Bible est paradoxalement l’un des textes les plus propices à ce type de langage: narrations, figures, symboles, images. Selon le cardinal Ravasi, l’attention, qui est l’élément fondamental, en serait sûrement stimulée. Pensant que la communication de la foi n’a pas lieu seulement dans l’homélie, il a cité en exemple le réseau social «Twitter», qui permet l’envoi de brefs messages d’information obligeant à donner quelque chose de «fulgurant et d’essentiel».

Tout en invitant à parcourir ces «nouveaux canaux de communication», le président du Conseil pontifical de la culture a souligné que le message religieux a besoin de la noblesse de la parole. «Il faut se battre pour ne pas accepter la dérive», a-t-il lancé, constatant avec amertume qu’aujourd’hui, «les mots sont malades».

Organisé par «l’Institut français – Centre Saint-Louis» jusqu’à mai 2012 à l’Université pontificale grégorienne, ce cycle de 8 conférences est intitulé: «Parole en éclats, éclat de la Parole». Il verra la participation d’universitaires français et italiens, catholiques ou non. (apic/imedia/cp/nd)

4 novembre 2011 | 13:30
par webmaster@kath.ch
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