Fribourg : Colloque sur les sources du monachisme égyptien et le monachisme occidental

Des «kellia» du Wadi Natroun au monastère de Lérins

Fribourg, 28 février 2010 (Apic) Sous l’égide du professeur Franz Mali, détenteur de la chaire de patristique et d’histoire de l’Eglise ancienne à la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg, un groupe d’experts a analysé les racines du monachisme égyptien et occidental. Samedi 27 février 2010, une palette de personnalités a revisité les sources littéraires, archéologiques et papyrologiques du monachisme placées dans leurs contextes historiques.

Des spécialistes en patristique venus de Vienne, Zurich et Fribourg s’étaient donné rendez-vous à l’Université de Fribourg pour débattre des relations entre le monachisme égyptien et le monachisme occidental. Par l’analyse de documents, les experts ont reconsidéré l’interaction entre ces deux formes de vie monacale, sur les plans historique et spirituel. Un colloque spécialisé, mais riche en ouvertures sur un monde souvent inconnu.

Les intervenants ont en particulier abordé la question de l’apport des papyrus grecs et coptes à la connaissance du monachisme égyptien, ainsi que le lien entre monachisme égyptien et monachisme occidental. Les spécialistes se sont également penchés sur l’évolution du monachisme latin.

Les «Cellules» d’Egypte

L’assistante du professeur Georges Descoeudres, de l’Université de Zurich, documents forts riches à l’appui, elle a montré dans sa conférence sur le développement du monachisme égyptien aux 6e et 7e siècles, comment les ermitages ont évolué vers une vie plus communautaire. Les «kellia», (cellules en grec) sont des ermitages pouvant contenir deux à trois moines, un ancien et un ou deux disciples. Il y a eu en Egypte jusqu’à 1’500 ermitages.

Le site des «Kellia», dans le désert occidental de l’Egypte, est un haut-lieu du monachisme orthodoxe en Egypte, à partir du 4e siècle. Il fut fondé par Amoun, contemporain de saint Antoine le Grand, vers 338, en tant que «skite» (petite communauté monastique). Kellia dépendait de Nitrie (fondé en 325 toujours par Amoun) – à 18 km sud du le centre monastique de Nitrie (aujourd’hui Wadi Natroun). C’était un lieu plus tranquille et plus solitaire que Nitrie, où les moines étaient devenus de plus en plus nombreux. Le site des Kellia a compté jusqu’à 600 personnes. Découvertes en 1932, les Kellia ont fait l’objet de différentes études, dont celle de la mission archéologique française en 1964, mettant au jour plus de 30 km2 de ruines monastiques.

Une partie d’analyse textuelle

A l’aide de quelques papyrus, Gregor Emmenegger, du Département de Patristique et d’Histoire de l’Eglise de l’Université de Fribourg, a ausculté le texte «De Vita Antonii», consacré au Père du désert fondateur de l’érémitisme chrétien, saint Antoine. Les professeurs Klaus Zeller et Michaela Zelzer, de Vienne, ont, quant à eux, présenté une analyse des «vestigia aegyptiaca» qui ont influencé le monde monastique occidental de l’Antiquité tardive jusqu’au haut Moyen-âge.

Manté Lenkaitytè, assistante docteur au Département de Patristique et d’Histoire de l’Eglise, a proposé une interprétation de la «bibliothèque monastique de Lérins selon l’Eloge du désert d’Eucher de Lyon». Ce dernier, issu d’une famille gallo-romaine et riche propriétaire, est devenu moine à Lérins, une des îles de l’archipel de Lérins, face à Cannes, puis ermite dans le Lubéron. Il a été évêque de Lyon de 435 à 449. Une journée d’intense réflexion dans le cadre d’un colloque de 3e Cycle des Ecoles Doctorales de Suisse Romande qui donne envie de retourner sur les bancs de l’université… (apic/be/s)

28 février 2010 | 10:38
par webmaster@kath.ch
Partagez!