Suisse: La Suisse sous la loupe du Conseil des droits de l’homme
Des manques en matière d’asile et de migration
Genève, 26 octobre 2012 (Apic) La Suisse passera sous la loupe du Conseil des droits de l’homme à Genève, le 29 octobre 2012, lors d’une session de deux semaines. 46 ONG suisses travaillant dans le domaine des droits humains suivront avec attention ce deuxième Examen Périodique Universel (EPU).
«La situation est loin d’être parfaite et de nombreux progrès doivent encore être faits», a déclaré Alain Bovard, juriste à Amnesty International et membre du groupe de pilotage de la coalition d’ONG.
Alex Sutter, de «humanrights.ch», regrette que la Suisse «ne possède toujours pas d’institution nationale des droits digne de ce nom».
«Les discriminations, notamment basées sur l’orientation ou l’identité sexuelles, sur le handicap ou sur le sexe, sont encore très nombreuses, a expliqué Selim Neffah, du Centre de conseils et d’appui pour les jeunes en matière de droits de l’homme (CODAP) à Genève. Et la Suisse ne reconnaît toujours pas la justiciabilité des droits économiques, sociaux et culturels».
La détention critiquée
Les ONG relèvent de nombreux manques dans le domaine de l’asile et de la migration. «Des personnes placées en détention administrative partagent toujours les mêmes lieux de détention que des criminels, et des mineurs sont logés avec des adultes», précise le communiqué d’Amnesty Suisse du 25 octobre.
Les ONG suisses indiquent des inégalités cantonales. «Les femmes victimes de la traite et les étrangères victimes de violence domestique sont traitées de manière très inégale».
Pour remédier à ces lacunes, les ONG ont soumis un rapport comprenant 41 recommandations. Elles espèrent ainsi donner aux Etats membres du Conseil des droits de l’homme une vision plus objective de la situation en Suisse, et que nombre de recommandations soient reprises.
Les Nations Unies examineront les rapports de 14 Etats. La délégation suisse, conduite par le conseiller fédéral Didier Burkhalter, présentera son rapport le 29 octobre. Les conclusions seront adoptées le 31 octobre.
Ce deuxième EPU sera l’occasion de faire un bilan de ce que la Suisse a entrepris pour mettre en œuvre la vingtaine de recommandations présentées, la première fois, en mai 2008. (apic/ai/ag/ggc)



