Philippines: Enlèvement du Père Michael Sinnot

Des membres du Front moro de libération islamique inculpés

Manille, 18 novembre 2009 (Apic) Le 12 novembre au matin, le Père Michael Sinnot, qui avait été enlevé un mois auparavant par un groupe armé non identifié, était libéré. Le Front moro de libération islamique (MILF), était apparu alors comme l’élément-clé de la libération du prêtre. Mais selon le journal «Philippine Daily Inquirer», trois membres du MILF, ainsi que de plusieurs autres personnes, viennent d’être inculpés de l’enlèvement du P. Sinnott.

L’agence «Eglises d’Asie» relève dans une information diffusée le 18 novembre que le groupe MILF avait lui-même remis le missionnaire entre les mains des autorités philippines. La presse, unanime, avait salué l’efficacité des informateurs moros qui avaient «identifié» le lieu de détention du prêtre, puis obtenu sa libération, sans même le versement de la rançon demandé par les kidnappeurs, s’élevant à la somme de deux millions de dollars. Le MILF, qui, dès les premières heures de l’enlèvement, avait démenti être impliqué dans l’affaire, avait proposé son aide au gouvernement pour libérer le missionnaire. Ses responsables avaient précisé qu’ils condamnaient le kidnapping, «un acte qui est interdit par l’islam».

Le P. Sinnott, 79 ans, de la société missionnaire de Saint Colomban, avait confié le jour de sa libération qu’il «était absolument certain» que le MILF n’était pas le groupe qui l’avait kidnappé, rappelle Eglises d’Asie. Le missionnaire avait ajouté que ses ravisseurs se présentaient comme des lumad (peuples indigènes du sud philippin), qui réclamaient «l’indépendance de l’île de Mindanao avec une Constitution inspirée du Coran».

Mais il semble qu’aujourd’hui, les soupçons du gouvernement concernant l’identité des kidnappeurs du prêtre irlandais se portent sur ceux qui se présentaient hier comme ses libérateurs. Trois membres du MILF viennent d’être inculpés de l’enlèvement. «Nous avons des preuves formelles contre eux et nous avons des témoins», a déclaré au «Philippine Daily Inquirer» Jesus Verzosa, directeur général de la police nationale, des propos rapportés par l’agence Ucanews. Le mouvement indépendantiste MILF mène actuellement des pourparlers de paix avec le gouvernement philippin.

La nouvelle de ces inculpations intervient alors qu’un millier de soldats ratissent le terrain, depuis le 16 novembre, à la frontière des deux provinces de Lanao del Sur et de Lanao del Norte, afin de tenter de capturer les responsables du kidnapping.

Le P. Sinnot, à nouveau interrogé sur l’appartenance de ses ravisseurs à un groupe identifiable, s’est montré prudent dans ses déclarations, disant qu’il ne voulait pas accuser à tort des personnes dont il ne connaissait pas avec certitude l’identité. (apic/eda/bb)

18 novembre 2009 | 14:10
par webmaster@kath.ch
Partagez!