Des «minerais de sang» qui alimentent les conflits régionaux

Congo RDC: Les évêques dénoncent l’exploitation illégale des ressources naturelles du pays

Kinshasa, 3 février 2011 (Apic) Les évêques catholiques de la République démocratique du Congo (RDC) dénoncent l’exploitation illégale des ressources naturelles du pays. Ils ont organisé un Forum de trois jours au Centre CEPAS à Kinshasa pour mieux lutter contre ce phénomène dévastateur. (*)

Dans le but de trouver des mécanismes appropriés pour l’exploitation rationnelle des ressources naturelles du pays et éviter leur pillage, la Commission des ressources naturelles de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a organisé à Kinshasa un forum de trois jours avec la participation d’une quarantaine de représentants de la société civile congolaise, de délégués de l’Eglise catholique venus des diocèses de toutes les provinces épiscopales de la RDC, ainsi que des experts des ministères congolais des Hydrocarbures et des Mines.

Pour une exploitation qui profite à tout le peuple congolais

«Les évêques se sont toujours engagés pour une exploitation transparente des ressources naturelles, qui profite au peuple congolais et qui contribue effectivement à son développement. On observe malheureusement, à gauche et à droite, des exploitations illégales. Alors l’Eglise, et c’est sa mission, s’engage à sensibiliser le peuple congolais à forger une nouvelle mentalité qui puisse reconsidérer les choses au profit de ce même peuple», a déclaré à la presse à Kinshasa l’abbé Donatien Nshole, premier secrétaire général adjoint de la CENCO.

A l’ouverture de ces assises, le premier secrétaire général adjoint de la CENCO, l’abbé Nshole Donatien a émis le vœu de voir ce forum aboutir à des stratégies susceptibles de mettre fin à l’exploitation illégale des ressources du pays, afin qu’elles puissent profiter à tous les Congolais. Il a rappelé l’engagement citoyen et les actions de plaidoyer menées par la CENCO pour l’instauration de la justice dans l’exploitation des ressources naturelles de la RDC en vue de réduire la pauvreté de ses habitants.

Malgré les initiatives prises pour lutter contre l’exploitation illégale, notamment par la Conférence internationale sur la région des Grands lacs en 2006, par le sommet des chefs d’Etat tenu à Lusaka le 15 décembre 2010 et par la CENCO, les mesures d’application sont inefficaces et sans implication de la population, a-t-il souligné.

Malgré l’adoption l’été dernier par la Chambre des représentants et le Sénat américains de la section 1502 de la loi sur la réforme du système financier américain, qui traite également des minerais qui alimentent les conflits en RDC et dans les pays voisins (**), le pillage des ressources naturelles de la RDC au profit de bandes armées et d’intérêts étrangers se poursuit, notent les observateurs.

(*) En Suisse, la campagne de carême 2011 – qui se déroulera du 9 mars au dimanche de Pâques 24 avril 2011 – porte sur l’extraction minière et le droit à l’alimentation, qualifiant les activités minières dans les pays du tiers-monde de «business indigeste». Cette campagne veut sensibiliser la population de la Suisse sur les conditions de vie des populations qui subissent les conséquences désastreuses de l’exploitation minière sur leur terre, particulièrement en Afrique.

(**) Le commerce des «minerais de sang» – l’oxyde d’étain, le coltan, la wolframite et l’or – sont souvent à la source des conflits ethniques en République démocratique du Congo (RDC) et dans les pays voisins. La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) avait salué l’an dernier la nouvelle loi américaine sur ces «minerais des conflits», relevant qu’en RDC, les immenses richesses naturelles du pays deviennent l’une des causes de la misère des Congolais. (apic/ibc/be)

3 février 2011 | 17:19
par webmaster@kath.ch
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