Vienne: Lutte contre le sida: diminution des moyens financiers
Des organisations d’inspiration religieuse mettent en garde: étude à l’appui
Vienne, le 23 juillet 2010 (Apic) Les organisations d’inspiration religieuse qui travaillent dans le domaine du sida subissent une diminution des fonds mis à leur disposition qui limite leur capacité à offrir des traitements et les services qui les accompagnent, comme le montre une étude présentée lors de la 18e Conférence internationale sur le sida, qui se tient à Vienne, en Autriche.
«Il est préoccupant de constater que l’élan en faveur de l’accès universel au traitement du VIH est en train de faiblir», peut-on lire dans cette étude, présentée à Vienne le 21 juillet lors d’une conférence de presse, qui a été faite sur mandat de l’Alliance œcuménique «agir ensemble» (EAA), réseau international comprenant plus de 50 Eglises et organisations chrétiennes.
Cette étude pilote a permis d’établir que les effets de ces modifications au niveau du financement sont multiples: des personnes ne bénéficient plus des programmes de traitement, ces programmes n’admettent plus de nouveaux patients, il y a pénurie de médicaments, qu’il faut parfois partager, et de personnel.
L’étude, citée par l’Agence ENI, montre que cette diminution des fonds touche aussi d’autres services dans le domaine du VIH, comme les conseils bénévoles, les tests volontaires, les soins à domicile, l’encadrement social, la prévention et les soins destinés aux orphelins et aux enfants à risque.
«Je vous pose la question: à quel enfant vais-je devoir dire ’Non’?», a déclaré le pasteur Richard Bauer, directeur de la campagne catholique AIDS Action en Namibie, lors de la conférence de presse. Son organisation veille à l’éducation de 14’000 orphelins du sida et offre des soins palliatifs à 8000 personnes touchées par le VIH en Namibie.
L’étude, réalisée sous la direction de l’experte Becky Johnson, souligne que d’après l’African Religious Health Assets Programme (ARHAP), dans les régions rurales d’Afrique 70% des services de santé sont assurés par des organisations d’inspiration religieuse. «Le fait est que dans les régions rurales et périphériques du monde entier, les organisations d’inspiration religieuse ont été les premières à travailler, bien avant que [d’autres] aient pu offrir leurs services», déclare Sigrun Møgedal, ’Ambassadrice norvégienne pour le sida.
Sigrun Møgedal souligne que la diminution des fonds disponibles obligera toutes les organisations offrant des services dans le domaine du VIH, y compris les organisations d’inspiration religieuse, à intensifier leur collaboration et à améliorer leur efficacité.
Un rapport conjoint de la Kaiser Family Foundation et d’ONUSIDA fait apparaître qu’en 2009, les fonds destinés au VIH ont diminué pour la première fois depuis 2002, passant de 7,7 milliards de dollars en 2008 à 7,6 milliards en 2009. L’étude de l’EAA a cherché à déterminer si les organisations d’inspiration religieuse avaient constaté une diminution semblable.
Sur les 19 organisations interrogées en juin 2010, 17 ont déclaré que les fonds destinés à leurs budgets stables avaient diminué; seules deux n’ont pas subi de telles restrictions. L’étude fait apparaître que d’après les organisations interrogées, les raisons les plus fréquentes de cette modification du financement sont le déplacement des priorités des donateurs, qui s’intéressent moins au VIH, la diminution des montants à la suite de la crise financière, le déplacement des dons aux organisations civiles ou d’inspiration religieuse vers les gouvernements, un délai accru entre les promesses de dons et l’arrivée des fonds et le fait que certains pays ne bénéficient plus de ce financement parce qu’ils sont considérés comme relativement prospères.
La Conférence internationale sur le sida a lieu tous les deux ans. Celle qui se tient actuellement, ouverte à Vienne le 18 juillet, s’achèvera vendredi 23 juillet. Elle rassemble plus de 20’000 membres des professions médicales, scientifiques, dirigeants, personnes vivant avec le VIH et d’autres qui travaillent dans le domaine du VIH/SIDA. (apic/eni/pr)



