New York: Un défenseur du dialogue entre les scientifiques et les théologiens récompensé

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Ian Barbour lauréat du Prix Templeton 1999

New York, 11 mars 1999 (APIC) Le Prix Templeton 1999 pour le progrès en religion a été attribué mercredi à New York à Ian Barbour, professeur de collège américain et promoteur du dialogue entre les scientifiques et les théologiens. En obtenant ce Prix, d’un montant de 750’000 livres sterling (1,24 million de dollars) – le plus important en espèces du monde – Ian Barbour rejoint la longue liste des lauréats parmi lesquels figurent l’évangéliste américain Billy Graham, l’écrivain russe Alexandre Soljenitsyne et mère Teresa.

La Fondation Templeton souligne que le professeur Barbour a contribué fortement et durablement, avec originalité, au rapprochement entre les connaissances et les valeurs scientifiques et religieuses.

Interviewé à New York par le correspondant de l’agence œcuménique ENI, Ian Barbour s’est déclaré très surpris. «Essayer de résumer le travail de toute un vie n’est pas facile», a-t-il confié au journaliste. Ian Barbour, professeur honoraire à Carleton College à Northfield, Minnesota, et membre de l’Eglise unie du Christ, s’est fait connaître dès 1965 avec son livre «Issues in Science and Religion», devenu un texte de référence dans le monde de la science et de la religion.

Pour le professeur Barbour, il y a quatre sortes de relations entre la science et la religion. La première est conflictuelle, notamment entre les spécialistes des sciences bibliques et les matérialistes scientifiques. La deuxième est de se voir comme des domaines séparés sans aucun rapport entre eux. Une troisième voie ouvre «les dimensions religieuses de la science», et autorise un certain dialogue. Pour Ian Barbour, la quatrième voie est la plus fructueuse – un authentique dialogue entre la science et religion dans laquelle les deux sont reconnues et utilisées pour l’amélioration du bien commun.

Alors que la science du 20e siècle «pose des questions éthiques auxquelles il ne peut répondre», dit-il, il y a des problèmes éthiques pour lesquels «il n’y a pas de déclarations directes» données par les textes religieux. «Ainsi il n’est pas écrit dans la Bible: ’Tu cloneras’ ou ’tu ne cloneras pas’», fait remarquer le professeur. Mais la tradition biblique chrétienne et les autres traditions religieuses contiennent des vues utiles sur les relations humaines, l’histoire, les conflits moraux et éthiques: dans quelles circonstances faut-il effectuer un clonage? Quelles sont les motifs des gens? Ce débat doit être porté sur la place publique, et aucune communauté ne peut seule traiter de cette question, estime Ian Barbour.

Le prix sera remis lors d’une cérémonie privée le 11 mai au Palais de Buckingham à Londres et lors d’une cérémonie publique le 17 mai au Kremlin à Moscou. Ce sera la première fois que ce Prix sera remis en Russie. (apic/eni/mp)

11 mars 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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