Pensier: Dernier week-end romand de préparation aux 15èmes JMJ à Rome

Des photos du Père Alexander Kahn sont disponibles à l’agence CIRIC: CIRIC, Chemin des Mouettes 4, CP 405, CH-1001 Lausanne. Tél. ++41 21 613 23 83 Fax. ++41 21 613 23 84 E-Mail: ciric@cath.ch

Les jeunes romands prêts au «grand départ»

Pensier, 28 mai 2000 (APIC) Plus d’une centaine de jeunes – venus des cantons de Genève, Vaud, Fribourg, Neuchâtel, du Valais et du Jura – se sont rassemblés ce week-end à Pensier, près de Fribourg, pour se préparer une dernière fois aux 15emes Journées Mondiales de la Jeunesse. Cette ultime étape romande – avant le départ pour l’Italie au mois d’août – a été présidée par Mgr Pierre Bürcher, évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. 900 inscriptions ont d’ores et déjà été enregistrées.

Afin de donner un dernier élan aux jeunes et de poser les bases essentielles pour le bon déroulement du pèlerinage, le week-end s’est articulé autour de trois forums de réflexion et de discussion sur les sujets de l’incarnation et de l’eucharistie, et un témoignage de Mgr Bürcher. But avoué, approfondir la thème de ce «Jubilé des jeunes»: «Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous». Une messe, entièrement préparée et animée par les jeunes, a bien sûr été célébrée. Quant au mot «fête», il a été décliné à l’italienne tout au long du week-end : chants, avant-programme romain et soirée spaghettis à la «véronaise…»

Mgr Bürcher: «J’ai rencontré Dieu dans un mouroir à Bombay»

Les deux journées ont été marquées par l’intervention de Mgr Pierre Bürcher. C’est devant une assistance très attentive qu’il a livré «un brin de son expérience de chrétien». «Je ne vais pas me lancer dans une leçon de dogmatique. J’aimerais plutôt vous raconter une histoire… ” Samedi soir, Mgr Bürcher a surpris tout le monde. Premièrement, en confiant aux jeunes que «ce n’est pas d’abord en Eglise» qu’il a rencontré Dieu ; et deuxièmement, en racontant son «expérience indienne», qui devait le marquer de façon indélébile.

C’est dans le Haut-Valais, dans un contexte «d’après-guerre» économiquement très difficile, que Pierre Bürcher a grandi en compagnie de ses deux frères et ses trois sœurs. «Mes parents ne faisaient pas de théories; c’est leur exemple, leur lutte pour subvenir aux besoins de la famille, les repas ponctués par la prière, leur bonté qui m’ont appris ce qu’est un chrétien… et comment le Seigneur vivait en eux. Ils m’ont également montré qu’il n’y a pas de grande ou de petite prière, mais seulement des élans vers Dieu en amour et en vérité.»

Et plus tard, il y eût ce voyage en Inde, à Bombay. En visitant un mouroir de Mère Teresa, ce devait être, après une impression d’extrême détresse, une sorte d’illumination. «A Bombay, ça grouillait de monde, raconte l’évêque. Des milliers de personnes, qui s’entassaient là, dans des quartiers aux façades pourries et d’une insoutenable misère… Cette puanteur, cette saleté, cette mort qui planaient dans les ruelles est inoubliable pour moi.» Pierre Bürcher témoigne avec le sourire, d’une voix impassible.

Tout ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens…

Mais son sourire devient franc lorsqu’il raconte son arrivée dans le «mouroir» de Mère Teresa. «Tout d’un coup, tout avait disparu. La puanteur, la détresse, les cris, la foule… ici, ça sentait le savon ! Et puis je suis entré dans la grande chambre, le mouroir, où des gens se trouvaient étendus dans la pénombre, en attendant la mort. Ceux-là étaient arrivés au point de non-retour: on ne pouvait plus rien faire pour eux. Cette vision est extrêmement impressionnante pour un européen, voir effrayante. Mais c’est là où j’ai remarqué le sourire des sœurs. Comment, me suis-je demandé, est-il possible de sourire et d’être joyeux dans de telles circonstances ? Alors je me suis souvenu de la parole du Christ: ’Tout ce que vous aurez fait à l’un de ces plus petits d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’aurez fait’. C’est là où j’ai compris: ces sœur accueillaient le Christ.» (apic/pablo davila/be)

28 mai 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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