Slovaquie: Les Eglises contre l’hostilité de la population à l’égard des Roms

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Création d’une diocèse pour les Tziganes

Bratislava, 13 octobre 1999 (APIC) Les Eglises de Slovaquie ont annoncé des mesures destinées à aider l’importante minorité rom confrontée à une pauvreté et une hostilité publique de plus en plus graves. L’Eglise catholique romaine, à laquelle appartiennent trois quarts des Slovaques, envisage de créer le premier ordinariat (diocèse non territorial) au monde spécialisé dans pastorale des Roms. Les Eglises minoritaires regroupées au sein du Conseil œcuménique des Eglises mettent en place une commission pour aider la communauté rom.

Originaires du Pendjab (Inde), les Roms sont arrivés en Europe au 14e siècle. La moitié des Roms du monde sont aujourd’hui regroupés en Europe orientale ou leur nombre atteint 4,8 millions.

Selon les statistiques officielles, 250’000 Roms résident en Slovaquie sur une population totale de 5,3 millions de personnes. Cependant, les chefs de cette communauté affirment que leur nombre est plus proche de 600’000 et comprend 20% des habitants de l’Est de la Slovaquie. Cette minorité pourrait bien atteindre un million dans les dix prochaines années en raison d’un taux de naissances quatre fois supérieur à la moyenne slovaque. Selon le «Minority Rights Group» de Londres, la plupart des Roms d’Europe centrale et orientale vivent bien en dessous du seuil de pauvreté, souvent dans des conditions effroyables, et sont victimes d’attaques violentes. La persécution des Roms a atteint son paroxysme avec l’extermination de près d’un demi-million d’entre eux dans les camps de concentration nazis. Ces derniers mois, plusieurs communautés Roms de Slovaquie ont formé des groupes d’autodéfense à la suite d’une recrudescence d’attaques raciales.

Radovan Grollmus, un responsable luthérien du Conseil œcuménique des Eglises en Slovaquie et secrétaire exécutif intérimaire de cette organisation, a déclaré qu’une commission se constituait ce mois-ci pour aider la minorité rom.

«De plus en plus de pressions s’exercent sur les Eglises pour qu’elles prennent conscience des besoins de la population civile. Il faut qu’elles évangélisent non seulement par les mots, mais aussi par les actes. Toutes les Eglises devraient se lancer dans des œuvres missionnaires auprès des Tziganes, qui sont en passe de représenter un grave problème social dans les prochaines années.»

Dans l’attente de l’accord du Vatican

«Bien que la plupart des Tziganes adoptent la religion principale du pays ou ils vivent, le problème ne concerne pas uniquement les catholiques. Toutes les Eglises devraient servir la société au lieu de rester enfermées dans leurs propres locaux».

Mettre fin à la marginalisation

Selon le chancelier du diocèse catholique de Banska Bystrica, Josef Hrtus, le diocèse non territorial attend actuellement l’accord du Vatican et pourrait fonctionner au cours de l’an 2000. «L’Eglise entend améliorer la situation des Roms à une époque ou nombre d’entre eux sont incapables de survivre et ont un niveau culturel très bas», a confié Josef Hrtus. L’évêque responsable de ce diocèse analysera la situation au plan national et servira d’intermédiaire entre l’Eglise et l’Etat. Il supervisera également l’enseignement systématique du catéchisme aux Tziganes et devra mettre fin à leur marginalisation au sein de l’Eglise.»

L’Eglise catholique a déjà établi sa première paroisse Roms à Brezno. «Bien que les politiciens nationalistes prétendent souvent être motivés par des principes chrétiens, leur politique est extrêmement anti-chrétienne lorsqu’il s’agit des Tziganes», relève Josef Hrtus

Radovan Grollmus a expliqué que le gouvernement Dzurinda avait pris de «véritables mesures» depuis les élections slovaques de septembre 1998 pour faciliter les changements sociaux tels que la suppression d’un registre annuel des délits commis par les Tziganes. Il a cependant ajouté que des «problèmes fondamentaux» demeuraient. En effet, il est toujours aussi difficile de trouver des partenaires responsables au sein de la communauté Roms qui a des liens avec au moins 15 partis politiques et de nombreux groupes de pression. (apic/eni/tg)

13 octobre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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