Lucerne: L’action de distribution de condoms s’est terminée mercredi
Des préservatifs comme incitation à la réflexion
Lucerne, 28 octobre 2010 (Apic) L’action controversée de l’Eglise catholique de la ville de Lucerne a pris fin le 27 octobre. Pendant trois jours, les représentants de l’Eglise ont discuté avec des passants au sujet du sida et distribué des préservatifs. Florian Flohr, chargé de communication de l’Eglise de la ville de Lucerne, a pris position à la demande de l’Apic.
La campagne d’information contre le sida est le fruit d’une coopération entre Missio Suisse et l’Eglise catholique de la ville de Lucerne. Le camion baptisé «Aids-Truck» de Missio était présent pour la troisième fois en Suisse. Cette exposition itinérante sur le thème HIV/sida en Afrique est proposée aux écoles et paroisses intéressées. L’Eglise de Lucerne a profité du passage du camion sur la place de la gare pour organiser une action de sensibilisation sur la question du sida en Suisse. Florian Flohr souligne que les détails des deux actions n’étaient pas connus par les partenaires.
L’image positive d’une Eglise pluraliste
Si l’action était à refaire, les initiants s’engageraient de la même manière. Ils essayeraient cependant de mieux communiquer leur but: «A savoir, faire du préservatif un sujet de réflexion et de discussion», affirme Florian Flohr. Mercredi, près de 300 préservatifs avaient été distribués. Les préservatifs excédentaires devraient être utilisés dans un autre contexte. L’Eglise en avait acheté 3’000, s’agissant du nombre minimum qu’il était possible de commander.
Florian Flohr remarque «l’image positive d’une Eglise pluraliste, prête au dialogue» qui se dégage de l’action. Des opposants à l’avortement et des membres de mouvements conservateurs sont également venus sur la place discuter avec les passants et les écoliers. Les initiants de l’action acceptent les autres positions tant que leurs opposants n’affirment pas détenir l’unique vérité sur l’enseignement ecclésial.
Discussion ouverte sur le préservatif
Florian Flohr remarque que Christoph Casetti, porte-parole de l’évêché de Coire, et Giuseppe Gracia, chargé de communication de l’évêché de Bâle, se sont tous deux exprimés au sujet de l’action. Si Giuseppe Gracia a trouvé la propagande mauvaise, il a remarqué qu’il ne s’agissait pas là de l’objectif de l’action. Ce dernier reconnaît la nécessité d’une discussion ouverte sur le sida et, en lien, le préservatif, relate Florian Flohr. Selon le chargé de communication de l’Eglise de la ville de Lucerne, cette position est celle de plusieurs évêques européens, dont l’évêque émérite de Limburg, Franz Kamphaus, qui aurait affirmé qu’il n’était pas éthique, dans le cadre d’une discussion sur le sida, de ne pas aborder la question du préservatif.
Le but de l’action était de transmettre une image ouverte de l’Eglise, comme institution prête à la discussion: «Cette ouverture ne va pas à l’encontre de la doctrine de l’Eglise mais reflète la discussion qui a lieu dans le monde ecclésial», rapporte Florian Flohr.
La meilleure rencontre du chargé de communication? Une femme de 65 qui lui a demandé quatre préservatifs en disant: «J’ai quatre petits-fils et je suis ravie que l’Eglise m’offre la possibilité de discuter avec eux de la question du sida». D’après Florian Flohr, cette femme a pleinement compris le but de l’action.
Réaction de l’évêché
La réaction de l’évêché de Bâle, dont dépend l’Eglise de la ville de Lucerne, se fait attendre depuis quelques jours. Un communiqué de presse devrait être diffusé vendredi 29 octobre. (apic/pem/amc)



