Dans la foulée de l’affaire Borremans, prêtre homo mis à pied

Des représentants homosexuels reçus par le cardinal Danneels

Malines, 1er avril 1999 (APIC) Deux représentants de la Ligue flamande des Centres homosexuels ont été reçus le 30 mars par le cardinal Godfried Danneels à l’archevêché de Malines.

Les deux représentants de la communauté homophile, Ivo Moelans et Willy Leemans, avaient souhaité rencontrer l’archevêque de Malines-Bruxelles suite aux controverses suscitées en Flandre autour d’un vicaire homosexuel de Tirlemont, l’abbé Rudy Borremans, que le cardinal Danneels a finalement déchargé de ses fonctions le 23 février dernier.

Alors que l’abbé Borremans avait lui-même annoncé à ses fidèles, fin janvier, son intention de quitter Tirlemont, des quotidiens flamands ont rapporté que l’évêque aurait décidé d’écarter ce prêtre de 31 ans en raison de son homosexualité. Ces informations ont surpris le doyen de Tirlemont et son équipe pastorale décanale, qui ont alors révélé la principale cause des problèmes: non l’homosexualité du prêtre, mais «sa difficulté à fonctionner dans le cadre paroissial et décanal».

Cependant, à cause de la tournure des événements et de leur médiatisation intempestive, qui a perturbé la communauté tirlemontoise par le brouillage des rumeurs et de l’information, le cardinal Danneels s’est vu contraint de décharger l’abbé Borremans de ses fonctions, tout en constatant: «Il est devenu très difficile de lui confier pour le moment une autre mission ailleurs».

La communauté homosexuelle a été très secouée par cette affaire, d’autant plus que des journaux flamands l’ont focalisée sur l’homosexualité du prêtre.

Une première

Les deux représentants de la communauté homosexuelle qui ont été accueillis par le cardinal Danneels – une «première», à leurs yeux – étaient d’abord venus à Malines, ont-ils confié après leur entrevue, avec l’impression que l’homosexualité était mise au ban de l’Eglise et qu’un prêtre aurait été «exclu» par sa hiérarchie en raison même de son identité sexuelle. Ils ont également fait état, devant l’archevêque, du grave manque de compréhension de la part de l’Eglise ressenti par les jeunes.

Selon leurs déclarations, le cardinal Danneels a montré «sur le plan humain une très grande compréhension à l’égard du problème», tout en continuant, en tant que responsable ecclésial, à «défendre la vision de l’Eglise».

De leur côté, les deux représentants de la Ligue des Centres homosexuels ont insisté, auprès du cardinal, pour que l’Eglise catholique, quand elle parle de l’homosexualité, «mette davantage l’accent sur les côtés positifs, sur la tolérance et sur le respect». Il est important, à leurs yeux, de «ne pas voir l’homosexualité en premier lieu comme une question de sexe», mais de la percevoir comme une manière de vivre «la relation et l’affection».

Les deux représentants homophiles ont quitté Malines avec le sentiment d’avoir été reçu par «un homme aimable» et par un responsable d’Eglise qui porte leurs questions dans son souci pastoral, ont-ils confié à la «Gazet van Antwerpen». «Il nous donne l’impression de n’être pas porté à juger les gens sur leur identité sexuelle, mais de vouloir les accueillir tels qu’ils sont, sans exclure quiconque».

Interrogé sur la visite des deux représentants homophiles à Malines, le porte-parole de l’archevêché Toon Osaer a déclaré à l’agence CIP à Bruxelles qu’il s’agissait d’une entrevue privée et qu’il n’y avait aucun commentaire à attendre de l’archevêché». (apic/cip/pr)

2 avril 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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