Des «sœurs jumelles» essentielles pour l’Eglise
Autriche: Nouvelle évangélisation et œcuménisme doivent avancer de concert
Vienne, 5 octobre 2011 (Apic) Le cardinal Kurt Koch estime que la nouvelle évangélisation et l’oecuménisme sont des «sœurs jumelles», car l’Eglise ne peut aujourd’hui annoncer la foi de manière convaincante qu’en parlant «d’une seule voix». Le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens s’exprimait le 3 octobre à l’abbaye cistercienne Stift Heiligenkreuz, en Autriche.
La séparation qui persiste dans l’Eglise est un «scandale» qui «porte atteinte à la crédibilité de l’Eglise», estime le cardinal suisse. Il serait possible de dépasser cette rupture en se concentrant, par exemple, sur une ligne commune en matière éthique ou sur un «œcuménisme des martyres». Ainsi, les martyres chrétiens ont donné un témoignage d’unité de la chrétienté en même temps qu’un témoignage de vie
La question de Dieu touche beaucoup de personnes
La nouvelle évangélisation fait référence de manière centrale à la question de Dieu et renvoie par conséquent à l’œcuménisme: «La question de Dieu touche aujourd’hui beaucoup de personnes et ’frappe’ par conséquent aux portes œcuméniques». Avec la disparition de l’Eglise de l’espace public et l’apparition d’un nouveau «crépuscule des Dieux» caractérisé par une divinisation de vérités terrestres, une nouvelle évangélisation en lien avec l’œcuménisme est fortement attendue. Elle pourrait s’inscrire dans le cadre de la défense de la dignité humaine ou de la vie.
Avancer de concert dans les questions éthiques
Dans le domaine de la protection de la vie, on a récemment assisté à «de fortes tensions». «La nouvelle évangélisation n’est possible qu’oecuméniquement, par exemple si les Eglises chrétiennes prennent une position commune sur les révolutions biomédicales», affirme le théologien. Là où l’Eglise n’est pas unie dans la défense de la vie, un «Dieu de mort», publiquement célébré, menace les êtres humains de mort.
Le «ministre de l’oecuménisme» remarque que lors de la Conférence d’Edimbourg, en 1910, le lien profond entre œcuménisme et évangélisation avait déjà été souligné. A l’époque, le concept de mission était libre de toute connotation négative. Aujourd’hui, il est nécessaire de regagner une connotation positive pour la mission, de la considérer comme une «libre activité de communication» et un «dialogue vivant».
Reconstitution de l’unité chrétienne
Les catholiques, dans les documents du Concile de Vatican II, ne sont pas les seuls a considérer que toute aspiration chrétienne devrait tendre vers l’unité de l’Eglise. Le théologien protestant, Wolfhart Pannenberg, a toujours insisté sur le fait que la Réforme du 16e siècle n’était pas terminée, puisque l’unité chrétienne n’était pas rétablie.
Faisant référence au théologien, le cardinal Koch a estimé que les tensions, vécues par l’Eglise après la Réforme, avaient ouvert la porte du sécularisme, marginalisant l’Eglise dans l’espace public et restreignant la religion à la sphère privée. (apic/kap/job/amc)



