Pologne: Les luthériens restent réticents vis-à-vis du pastorat féminin

Des théologiennes revendiquent le droit à l’égalité dans le ministère

Varsovie, 22 septembre 2009 (Apic) En réponse à des revendications féminines, le porte-parole de l’Eglise évangélique de la Confession d’Augsbourg en Pologne, Jerzy Sojka, a déclaré au correspondant de l’agence de presse œcuménique Eni que la question du clergé féminin n’était pas exclue des discussions.

Le porte-parole de l’Eglise évangélique de la Confession d’Augsbourg en Pologne, Jerzy Sojka, a déclaré au correspondant de l’agence de presse œcuménique Eni que la question du clergé féminin n’était pas exclue des discussions. «Notre situation n’est toutefois pas conditionnée uniquement par des considérations théologiques, mais aussi par des questions économiques, sociales et culturelles, ainsi que par les relations œcuméniques. Bien qu’un débat ait lieu sur cette question, celle-ci nécessite également d’y réfléchir dans le calme.»

Le laïc luthérien réagissait à la déclaration faite lors de la conférence par 30 théologiennes de Pologne, d’Allemagne, de Russie, de Lettonie et du Brésil, selon laquelle les Eglises luthériennes de Pologne et de Lettonie sont coupables d’injustice en excluant les femmes de leur ministère ordonné. Cette pratique est contraire à celle de la plupart des Eglises membres de la Fédération luthérienne mondiale, qui représente 68,5 millions de membres dans le monde.

Dans la déclaration rédigée à la fin de la conférence qui s’est tenue à Mikolajki du 9 au 13 septembre, les théologiennes ont affirmé qu’en Pologne, des luthériennes qualifiées attendent toujours de pouvoir «vivre pleinement leur vocation». De leur côté, leurs collègues de Lituanie ont été admises au ministère ordonné en 1975 avant d’en être exclues de nouveau en 1992.

Théologiennes victimes de discrimination

Les théologiennes ont ajouté que, dans les deux cas, les femmes sont victimes de la «violence structurelle subie depuis des siècles par les femmes au sein de l’Eglise», qui est «souvent invisible, silencieuse et systémique» et «exercée au moyen de structures sociales et ecclésiastiques injustes». Les théologiennes ont appelé les responsables des deux Eglises à se conformer aux normes européennes en assurant un «partenariat équitable pour les femmes et les hommes.»

Lors d’une interview avec le correspondant d’ENI le 18 septembre, Jerzy Sojka a déclaré que le Synode de son Eglise, qui compte environ 80’000 fidèles, s’était penché sur la question de l’ordination des femmes et qu’il espérait en débattre lorsqu’il en aurait le temps. Cependant, il a indiqué que la prochaine session – du 16 au 18 octobre – serait essentiellement consacrée à la sélection d’un nouvel évêque président en remplacement de Janusz Jagucki, dont le mandat a été écourté en avril après que les médias aient révélé qu’il a travaillé comme informateur de la police secrète polonaise pendant la période communiste.

«Nous sommes en train de travailler sur ce thème, mais nous devons donner au Synode du temps pour étudier les informations pertinentes», a déclaré Jerzy Sojka. «Nous ne constituons malheureusement qu’une petite communauté ici, et nous devons prendre en compte le conservatisme du contexte polonais.»

Au moins 15 diaconesses ont le droit d’enseigner dans l’Eglise évangélique de la confession d’Augsbourg, principale Eglise protestante de Pologne, dont le Synode s’est prononcé contre l’ordination des femmes en 1990.

Bien que les membres du Synode aient confié à une commission théologique le soin de rédiger une prise de position en 1999, les évêques de l’Eglise ont réitéré en décembre 2003 que seuls les hommes pouvaient être admis au pastorat, ajoutant que le clergé luthérien de Pologne devait se conformer à la réglementation de l’Eglise lorsqu’il participe à des services avec d’autres Eglises.

La petite Eglise réformée a été la première en Pologne à désigner une femme pasteure, en septembre 2003, 150 ans après la première ordination d’une femme aux Etats-Unis, bien que d’autres Eglises protestantes s’opposent à une démarche similaire, affirmant que cela risquerait de remettre en question les liens établis avec l’Eglise catholique romaine, prédominante dans le pays. (apic/eni/js)

22 septembre 2009 | 17:12
par webmaster@kath.ch
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