Nigeria: Musulmans et chrétiens condamnent fermement les violences de Jos

Des troubles davantage politiques que religieux

Lagos, 31 décembre 2010 (Apic) Les organisations islamiques du Nigeria ont condamné les violences confessionnelles de ces derniers jours dans le pays, a rapporté le quotidien nigérian Vanguard. Elles mettent également en question l’identité et les motivations religieuses affichées par les auteurs présumés.

Le Conseil suprême nigérian des affaires islamiques (NSCIA), le Conseil des oulémas de Jos, «Ja Amatu Nasril Islam (JNI)», l’Association chrétienne du Nigeria (CAN), ainsi que de nombreux autres groupes islamiques ont aussi exprimé leur inquiétude face à cette violence «dangereuse. Elles se sont déclarées «révoltées» par la revendication du groupe terroriste Boko Haram, qui a revendiqué les troubles, le jour de Noël, qui ont fait plus de 80 morts.

Le secrétaire général du JNI à Kaduna, capitale de l’état du même nom, majoritairement musulman, Khalid Aliyu Abubakar, a condamné, au nom de l’organisation nationale, en des termes énergiques, cette violence sectaire à Jos, malgré tant d’efforts déployés pour la paix et l’harmonie dans cet état du Plateau. «Nous appelons le gouvernement fédéral et celui de l’état de Jos à rechercher les auteurs de ces crimes odieux et à les traduire en justice», a-t-il ajouté. «Nous appelons également tous les musulmans du Nigeria à rester calme, à continuer à prier Allah, le Très-Haut, pour faciliter les secours aux victimes», a-t-il encore indiqué.

De son côté, le porte-parole du JNI dans l’état de Jos, Mallam Sani Mudi, a mis en doute la crédibilité des auteurs présumés des violences, le groupe Boko Haram. Ce sentiment est «justifié par la première phrase qui ne reflète pas une notion vraiment islamique». «La façon dont ils ont décrit Allah n’est pas la manière dont les musulmans le décrivent dans l’Islam», a-t-il précisé: «Quand nous voulons nous référer à Allah dans l’islam, nous disons au nom de Dieu le Miséricordieux, mais le texte de revendication de la paternité des violences, ils ont écrit: au nom de Dieu le puissant, au lieu de: au nom de Dieu le Tout-Puissant. Ce sont des détails fondamentaux qui ne peuvent pas être ignorés».

Coloration politique, mais non religieuse

Le président du CAN, le révérend Ayo Oritsejafor, s’est montré lui aussi sceptique sur la revendication de Boko Haram. Lors d’une conférence de presse commune avec le sultan de Sokoto et chef du NSCIA, Alhaji Sa’ad Abubakar Muhammad, il a déclaré que les débris des explosifs retrouvés sur les lieux des violences n’étaient pas celles habituellement utilisées par Boko Haram. Il a exhorté le gouvernement fédéral à ne rien laisser au hasard dans sa recherche des responsables des violences, ajoutant être d’accord avec le sultan de Sokoto sur le fait que les violences religieuses de Jos ont une coloration politique, mais non religieuse.

Le commissaire de police de l’état du Plateau, Abdulrahman Akano lui aussi mis en doute la revendication de Boko Haram. S’adressant à la presse, il a précisé que cette organisation n’avait pour habitude d’utiliser les armes dont des débris ont été retrouvés après les violences de Noël à Jos. D’autre part, selon le quotidien nigérian «Daily Trust», depuis les violences, de nombreuses personnes sont réfugiées dans les mosquées et églises de Jos, alors que d’autres sont toujours hospitalisées, à la suite de l’explosion à la bombe de Noël à Jos. (apic/ibc/bb)

31 décembre 2010 | 09:29
par webmaster@kath.ch
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