Des valeurs importantes: humanisme et tradition chrétienne
Fribourg: La collecte du Dimanche universitaire permet «un supplément d’âme» à l’Uni FR
Fribourg, 19 novembre 2009 (Apic) La traditionnelle collecte du Dimanche universitaire, organisée cette année dans toutes les paroisses de Suisse le 29 novembre, permet d’apporter «un supplément d’âme» à l’Université de Fribourg. Fondée il y a 120 ans, celle qui était alors l’»Université des catholiques de Suisse» – la seule d’ailleurs en pays catholique dans ce pays! – s’est depuis bien sécularisée.
«C’est certes vrai, admet le recteur Guido Vergauwen, mais l’Université de Fribourg reste liée à son arrière-fond humaniste chrétien». Professeur ordinaire en théologie fondamentale, dominicain d’origine belge, le recteur relève que l’Université veut maintenir des programmes de formation humaine qui vont au-delà de ce qui est requis dans le système de Bologne et poursuivre des projets dans le domaine de l’éthique.
Apic: Ces projets, vous ne pourriez pas les mener avec le budget ordinaire ? Globalement, c’est tout de même une somme d’environ 200 millions de francs, en provenance du canton de Fribourg, de la Confédération, des autres cantons qui envoient des étudiants à Fribourg, etc.…
Guido Vergauwen: Le budget ordinaire de l’Université est très figé: il faut faire face à tout ce qui est obligatoire. Il n’y a quasiment pas de marge de manœuvre. L’argent de la collecte du Dimanche universitaire – l’an passé c’était un peu plus de 380’000 francs, – nous permet notamment de développer le Pôle de compétences en éthique, car notre Alma mater veut placer l’humain au cœur de son enseignement et de sa recherche.
Nous devons actualiser ce message à la lumière de la tradition et de l’histoire de l’Université de Fribourg. Concrètement, nous le faisons avec une offre de cours dans diverses Facultés; nos offres sont transfacultaires et transdisciplinaires.
Apic: La collecte du Dimanche universitaire n’a plus le même sens qu’il y a 60 ans, quand elle a été instituée par la Conférence des évêques suisses… A l’époque, c’était l’expression de la solidarité des catholiques pour le maintien et le développement de «leur» université. Il n’y avait pas encore l’aide de la Confédération!
Guido Vergauwen: La collecte n’est pas « nécessaire » pour la survie de l’Université, qui est désormais, en tant qu’institution publique, bien établie – aussi du point de vue financier. Aujourd’hui, la collecte a une valeur hautement symbolique. Elle permet une petite marge de manœuvre pour des projets chers à la tradition fribourgeoise. C’est une valeur ajoutée, qui nous aide à maintenir des valeurs importantes à l’Université de Fribourg: son humanisme, sa tradition chrétienne… cela représente un apport non négligeable.
Certes, le profil de l’Université de Fribourg est surtout ancré dans sa réputation scientifique. De plus nous avons cherché à nous profiler avec notre particularité, qui est le bilinguisme. C’est important évidemment, mais on est déjà dans une phase de multilinguisme et de pluriculturalisme. Beaucoup de cours en effet se donnent en anglais, notamment pour les masters en Faculté des sciences, et en partie pour la Faculté des sciences économiques et sociales.
Apic: Quel est le point central que vous voulez mettre en avant cette année pour la collecte du Dimanche universitaire ?
Guido Vergauwen: Cette collecte est une des actions de recherche de fonds (»fund-raising») comme on en fait aussi en direction de l’économie privée, pour financer des projets spécifiques (par exemple, l’utilisation de l’informatique dans les sciences humaines, aide pour les étudiants étrangers venant étudier un programme de master, projet Bible+Orient, programmes de formation humaine Quali+…) Cette année, nous insistons sur le projet «Ethique, Pôle de compétences à l’Université de Fribourg».
Pour préparer encore mieux les étudiantes et étudiants à répondre aux questions éthiques qui se posent dans les domaines de l’économie, de la santé publique ou de l’environnement, le rectorat a décidé de renforcer la réflexion éthique dans toutes les Facultés. Grâce au soutien du Conseil de l’Université – qui appuie cette démarche – nous pouvons élargir notre offre de formation dans ce secteur. Ainsi, nous organisons dans ce cadre, du 3 au 5 décembre prochain un Symposium international et interdisciplinaire à l’Université sur le thème «L’humanisme a-t-il un avenir?». Cf. www.unifr.ch/ethique. JB
Encadré
Symposium international et interdisciplinaire: L’humanisme a-t-il un avenir?
La charte de l’Université de Fribourg confère à l’humanisme une place centrale. Ce terme-clé fait référence non seulement à la responsabilité morale des sciences face à l’homme et au monde mais également au lien unissant les différentes sciences et Facultés les unes avec les autres. Reste à savoir si, de nos jours, l’humanisme peut encore servir de modèle et assumer le rôle qui lui est attribué dans la charte. C’est à ce genre de questions que répondra le Symposium international du 3 au 5 décembre, qui verra la participation de professeurs venus principalement d’Allemagne. (apic/be)



