Désobéir, une responsabilité

Sur quelles valeurs s’inscrit la résistance civile? À partir de quand est-elle une option légitime? La revue Choisir consacre à cet outil d’action l’un des deux dossiers de son édition janvier-mars 2020, de pair avec une réflexion sur les specistes et leur nouvelle forme d’objection de conscience.

D’Amérique latine, à Hong Kong, en passant par le Liban des vagues de contestations populaires, soutenues parfois par les Églises locales, dénoncent la corruption étatisée, l’injustice structurelle et les atteintes aux droits humains. En Europe, des jeunes et même des enfants descendent dans les rues et interpellent les États et les adultes sur leur inactivité en matière climatique. En Suisse, en dépit de la loi, des citoyens viennent en aide à des étrangers sans titre de séjour, se rendant ainsi coupables de «délit de solidarité».

Un outil d’action

Sur quelles valeurs philosophiques, religieuses ou idéologiques leur démarche de résistance à l’ordre établi trouve-t-elle appui, se demande dans sa dernière édition la revue culturelle choisir? À partir de quand la désobéissance civile, non-violente, devient-elle une option opportune et légitime pour contrecarrer des pouvoirs négligeant le bien commun ou criminalisant la solidarité humaine? En quoi diffère-t-elle de l’objection de conscience?

Ce dossier met l’accent sur la responsabilité qui incombe aux chrétiens. A la suite des prophètes bibliques, les catholiques sont invités à suivre leur conscience en amont des institutions, fussent-elles celles de l’Eglise, dans un acte conciliant foi et raison. En Inde, le Service jésuite des réfugiés a ainsi lancé un appel à la désobéissance civile pour protéger la démocratie, à l’encontre de la nouvelle loi sur la citoyenneté adoptée le 12 décembre 2019, considérée comme «inconstitutionnelle».

Le malaise des carnivores

Dans son deuxième dossier, choisir décortique un paradigme occidental plus vraiment au goût du jour: celui qui fait des humains des carnivores. Mais aujourd’hui, une nouvelle forme d’objection de conscience transforme le contenu des assiettes des antispecistes. D’importantes mutations de la représentation de l’animal et du manger chair sont enclenchées et les multiples dommages d’une consommation élevée de viande sont identifiés. Un dossier où inconscient et choix pragmatiques s’entremêlent. (cath.ch/com/cp)

7 janvier 2020 | 16:46
par redaction
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