Dette internationale: Prévenir la ruine des pays ayant contracté des prêts imprudents
«Civiltà Cattolica»: Rendre justice aux efforts pour payer la detteeRome, 22 juillet 2001 (APIC) Les gouvernements des pays en voie de développement «se sont montrés imprudents en contractant des prêts excessifs», estime le Père Giampaolo Salvini, dans la dernière édition du bimensuel italien de la Compagnie de Jésus. L’annulation pure et simple serait une mesure injuste envers les pays qui ont fait des efforts «douloureux et constants» pour payer la dette, estime le religieux.
Entre la remise partielle et l’annulation de la dette, il existe peut-être d’autres solutions, ajoute le directeur de «La Civiltà Cattolica» (»La Civilisation Catholique»), le Père Giampaolo Salvini. Dans un article publié dans le dernier numéro du bimensuel de la Compagnie de Jésus en Italie, il suggère – en s’inspirant de l’expérience de la Conférence épiscopale italienne – des mesures visant à prévenir le phénomène de l’usure et de la ruine du débiteur insolvable.
L’Eglise – selon Salvini – considère la dette extérieure comme une forme de lutte efficace contre la pauvreté. Intervenant sur le thème de la «Dette extérieure des pays pauvres» et faisant «quelques considérations éthiques», le père Salvini, estime que les gouvernements des pays en voie de développement «ont certainement été imprudents lorsqu’ils ont contracté des prêts excessifs». Une grande partie de l’argent a souvent été dépensée «pour acheter des armes» ou pour améliorer la condition de groupes restreints de personnes.
Remise de la dette: une arme efficace contre la pauvreté
Quand il s’est agi de contracter des dettes, personne n’a demandé l’avis des gens, et les bénéfices du prêt obtenu ont été répartis d’une façon très inégale, c’est-à-dire au bénéfice d’un nombre très restreint de personnes, précise le père Salivini, expert en économie. Quand, en revanche, il s’est agi de faire des sacrifices pour les payer, après l’apparition des difficultés», le poids a été réparti «sur tout le monde, avec une augmentation évidente subie par les classes populaires, déjà au bord de la pauvreté».
Dans son article, le père Salvini rappelle certains principes de la «tradition du droit romain», en particulier le devoir de protéger le débiteur. Mais aujourd’hui, dans les rapports entre états pauvres et institutions financières internationales, ce principe n’est guère respecté. Par rapport aux variations des prix des matières premières, par rapport aux changes ou même aux règles du commerce international.
De nouvelles initiatives voient le jour
Des initiatives telles que celle de la Grande Bretagne sont en train d’apparaître: annulation des crédits aux pays qui «consacrent un effort équivalent à la lutte contre la pauvreté» ou l’Italie, à travers la campagne pour l’annulation de la dette en Zambie et Guinée, lancée par les Congrégations missionnaires. Toutefois, conclut le père Salvini, «au lieu de se comporter comme le bon samaritain», il faut «être capable de dire, comme saint Pierre à l’estropié: ’Lève-toi et marche’, en faisant un crédit à l’autre au plein sens du terme, et non seulement financier.
Le mot ’crédit’ a, en effet, la même racine que le mot ’je crois’ (credo): il signifie croire en l’avenir de celui auquel on a fait un prêt. Même dans ce cas, «il s’agit d’une forme privilégiée de confiance en la personne humaine». (apic/vid/mjp)



