Irak: Le patriarche Sako dément des violences ciblées contre les chrétiens
Deux religieuses et trois jeunes chaldéens enlevés
Bagdad, 1er juillet 2014 (Apic) Les djihadistes qui tiennent le nord de l’Irak n’exercent pour l’instant pas de violences ciblées contre les chrétiens, a affirmé le 30 juin 2014 à l’agence d’information vaticane Fides Mgr Louis Raphael Ier Sako, patriarche de Babylone des Chaldéens. Pour autant, des miliciens de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont enlevé deux religieuses et trois jeunes chaldéens à Mossoul, dans le nord du pays.
Mgr Sako réaffirme que «jusqu’à présent il n’y a pas eu d’attaques ciblées contre ceux qui portent le nom du Christ», qualifiant les récits d’exactions qui se sont répandus de «rumeurs». «Les chrétiens partagent les angoisses et les souffrances avec leurs frères musulmans. Dans la phase que nous vivons, tout alarmisme manipulateur répond à des motifs d’instrumentalisation et contribue à accroître les risques», souligne le patriarche.
Pour le dignitaire chaldéen, les conflits actuels rendent la dissolution de l’Irak quasi inévitable. «Après le colonialisme, nos pays ont été dessinés sans aucun projet décent de citoyenneté…Les puissances occidentales ont toujours eu pour seul critère de leurs politiques au Moyen-Orient la défense de leurs propres intérêts économiques et la sécurité de l’Etat d’Israël», fustige Mgr Sako.
Les chrétiens enlevés seraient en bonne santé
Dans le même temps, les contacts ont été perdus avec sœur Atur et sœur Miskinta, deux religieuses chaldéenne de la Congrégation des Filles de Marie Immaculée, informe Fides le 30 juin. Elles étaient rentrées en voiture à Mossoul, en provenance de la ville de Dohuk, au Kurdistan irakien, en compagnie de deux jeunes filles et d’un garçon chrétiens. Selon des sources du patriarcat chaldéen, les deux sœurs et les trois jeunes ont été arrêtés par des miliciens de l’EIIL qui, pour l’instant, confirment leurs bonnes conditions de santé et affirment les garder en état d’arrestation pour garantir leur «sécurité». Les autorités ecclésiastiques sont en contact permanent avec les chefs religieux de la communauté sunnite de Mossoul pour garder la situation sous contrôle et faire en sorte que les personnes arrêtées retrouvent au plus vite leur liberté de mouvement, assure Fides.
Les djihadistes se sont installés dans l’archevêché
Les deux religieuses gèrent une maison-famille pour orphelines à Mossoul, près de l’archevêché chaldéen. Face à l’offensive islamiste qui a débuté le 9 juin, les sœurs et toutes les personnes de l’institution avaient quitté Mossoul pour se réfugier au Kurdistan. De là, sœur Atur effectuait régulièrement de rapides sorties à Mossoul pour vérifier les conditions de la maison et récupérer du matériel d’étude pour les fillettes, contraintes d’abandonner leurs demeures.
Des sources locales contactées par Fides confirment que la situation demeure critique, surtout à Mossoul, en grande partie contrôlée par les insurgés sunnites guidés par les miliciens de l’EIIL, Ces derniers auraient installé une de leurs bases dans l’archevêché chaldéen.
Une partie de la population qui avait fui, ces jours derniers, les villages de la plaine de Ninive, comme Qaraqosh et Qaramles, serait néanmoins revenue. (apic/fides/rz)




