Syrie: Appel du chef de l’Eglise grecque-orthodoxe à rester dans le pays
Deux villages chrétiens menacés d’être pris d’assaut
Damas, 23 décembre 2012 (Apic) Le chef de l’Eglise grecque-orthodoxe de Syrie, Youhana Yazigi, a appelé le 22 décembre 2012 les chrétiens à rester dans le pays. Lors de sa première conférence de presse à Damas, il a exhorté les belligérants à mettre fin aux violences et à entamer un dialogue.
A la veille des fêtes de Noël, les chrétiens sont plus que jamais confrontés à l’incertitude, a rapporté Radio Vatican. Selon l’ONU, le conflit devient ouvertement intercommunautaire. Pris entre deux feux, les chrétiens se voient régulièrement sommés de choisir leur camp.
Dans l’ouest du pays, près de Hama, deux villages chrétiens ont reçu un avertissement. Dans une vidéo, des combattants rebelles ont annoncé qu’ils lanceront un assaut pour déloger les hommes de Bachar al-Assad. Les rebelles, qui se présentent comme membres de la brigade al-Ansar, demandent aux habitants de se soulever pour expulser les forces du régime.
Un message qui cache des intentions moins bienveillantes
Selon Fabrice Balanche, chercheur au sein du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient à Lyon, on sait que ces rebelles, qui sont dans des bataillons à caractère islamique, veulent expulser les chrétiens et toutes les minorités de la région. Soit parce qu’elles sont proches du régime, précise-t-il. Soit parce que ce sont des groupes minoritaires qui ne sont «ni islamistes, ni salafistes».
Selon lui, si les chrétiens se placent sous la protection de l’armée régulière, «ce n’est pas parce qu’ils soutiennent la personne de Bachar Al Assad», mais parce qu’ils craignent l’arrivée au pouvoir des rebelles et un scénario similaire à celui de l’Irak, après la chute de Saddam Hussein.
«Nous sommes dans une guerre civile avec des dérives confessionnelles» depuis septembre 2011, affirme le chercheur, quand il y a eu une militarisation des rebelles.
Se terrer chez soi à Noël
«De nombreux chrétiens d’Alep, au nord, prieront chez eux plutôt qu’à l’église», affirme Ibrahim Nassir, à la tête de l’Eglise évangéliste arabe.
«Si les gens redoutent d’assister à la messe de Noël, ce n’est pas parce qu’ils ont peur que les églises soient visées mais à cause de l’insécurité», résume-t-il.
Jusqu’à présent, la communauté chrétienne forte de 1,8 million d’âmes est restée à l’écart de la révolte populaire, devenue conflit armé. Sa hiérarchie et une grande partie de la communauté, par peur des islamistes, ont en revanche pris position en faveur du régime. (apic/rv/ag/ggc)



