Le pape François retrouvera Mohamed Al Tayeb à Abou Dabi lors de la "Rencontre internationale interreligieuse sur la fraternité humaine" | © Osservatore Romano
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Le pape François retrouvera Mohamed Al Tayeb à Abou Dabi lors de la "Rencontre internationale interreligieuse sur la fraternité humaine" | © Osservatore Romano

Dialogue interreligieux: le pape franchit une nouvelle étape à Abou Dabi

01.02.2019 par I.MEDIA

En se rendant aux Emirats arabes unis du 3 au 5 février 2019, le pape François souhaite franchir, 800 ans après la rencontre du saint d’Assise avec le sultan d’Egypte, une étape majeure du dialogue interreligieux entrepris dès les premiers jours de son pontificat.

“Le message, c’est la rencontre“: cette phrase est peut-être celle qui résume le plus la méthode du dialogue interreligieux selon le pape argentin. Celui-ci avait prononcé ces mots en mai 2016 lors d’une audience privée au Vatican avec Ahmed El-Tayeb, imam de la mosquée-université Al-Alzhar, plus haute autorité du monde sunnite.

Cette rencontre mettait un terme à une interruption du dialogue entre Rome et Al-Alzhar pendant cinq ans et avait ouvert la voie – un an plus tard – à un voyage du pape en Egypte. Un moment considéré comme fondateur pour le dialogue interreligieux tel que perçu par le pontife.

“Saint François, l’homme de la paix“

Ce désir du pape François de favoriser la rencontre avec l’islam, et de percevoir cette dernière comme le contenu même du message à adresser aux musulmans, est présente dès les premiers jours de son pontificat.

Au lendemain de son élection, devant les journalistes à qui il explique son choix du nom du saint d’Assise, l’Argentin évoque “l’homme de la paix“. Il est le “saint de la communion avec toutes les créatures de la terre“, insiste-t-il alors. Saint François n’est-il pas celui qui en 1219, en pleine croisade, se porte désarmé à la rencontre du sultan d’Egypte Malik al-Kamil?

Avec pour thème ‘Fais de moi un instrument de ta paix’, tiré des paroles de la prière de paix du Poverello, le voyage aux Emirats arabes unis s’inscrit dans le sillon tracé 800 ans plus tôt par la rencontre du saint d’Assise avec le sultan. C’est en effet là “l’intention“ du pape dans ce voyage, avait précisé Greg Burke, alors directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, à l’annonce de ce déplacement: étudier comment “tous les hommes de bonne volonté peuvent travailler pour la paix“.

“Parfait exemple de la culture de la rencontre”

Cette visite, comme celle en Egypte en 2017, vise à montrer “l’importance fondamentale“ pour le pape François de s’investir dans le dialogue interreligieux. Cet événement, avait ajouté Greg Burke, est “un parfait exemple de la culture de la rencontre“. D’autant plus qu’il s’agira de la toute première fois qu’un successeur de Pierre posera le pied dans la péninsule arabique.

Après avoir renforcé le lien avec le monde musulman par son déplacement en Egypte, le pape François semble vouloir franchir à Abou Dabi une seconde étape en soutenant le souhait d’un pays arabe de se placer lui-même protagoniste en matière de tolérance, de dialogue et de rencontre interreligieuse.

Le but du déplacement du pape est en effet de participer à l’événement ‘Fraternité humaine’, une rencontre interreligieuse inédite dans la région, où seront présents des représentants des grandes religions. Pour souligner un peu plus l’importance que porte le pape à cet événement, il y fera son seul discours du voyage – exception faite de l’homélie qu’il prononcera le 5 février au cours de la messe au centre sportif Zayed.

La Bulgarie et le Maroc

Le successeur de Pierre prévoit de se déplacer également en Bulgarie en mai 2019 — peuplée par 75% de musulmans — mais avant cela, il se rendra au Maroc les 30 et 31 mars 2019. Le logo de cet événement, une croix chrétienne cerclée d’un croissant musulman, souligne la même volonté de dialogue interreligieux qu’aux Emirats arabes unis.

Lors de ses vœux au corps diplomatique, le 7 janvier dernier, le pape François avait lui-même insisté sur l’aspect interreligieux commun à ces deux déplacements. “J’aurai l’occasion de me rendre dans deux pays à majorité musulmane, le Maroc et les Emirats arabes unis ; il s’agira de deux opportunités importantes pour développer davantage le dialogue interreligieux et la connaissance réciproque entre les fidèles des deux religions”, avait-il alors affirmé. (cath.ch/imedia/ah/bh)


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