Rome: Le président serbe et le premier ministre tchèque reçus par Benoît XVI
Dialogue positif avec l’Eglise orthodoxe en Serbie
Rome, 15 novembre 2009 (Apic) Benoît XVI, qui a considérablement intensifié en novembre le rythme de ses audiences aux chefs d’Etat et de gouvernement, a reçu le président de la République de Serbie, Boris Tadic, dans la matinée du 14 novembre. Ensuite, c’est le premier ministre de la République tchèque, Jan Fischer, qui a été reçu par le pape et les autorités vaticanes, afin de faire le bilan du voyage effectué par le pape il y a 2 mois et de poursuivre le dialogue «constructif» entre l’Eglise et l’Etat.
Au cours des rencontres qui se sont déroulées «dans une ambiance particulièrement cordiale», Boris Tadic et les autorités vaticanes se sont ainsi réjouis du «dialogue positif avec l’Eglise orthodoxe» en Serbie, dans la perspective de la commémoration, en 2013, de l’Edit de Milan, par l’empereur Constantin (272-337)», selon un communiqué publié peu après par le Bureau de presse du Saint-Siège. C’est par l’Edit de Milan, signé en 313, que l’empereur Constantin a accordé la liberté de culte aux chrétiens.
Ces discussions ont aussi été officiellement l’occasion d’évoquer les «défis» concernant la région des Balkans, et spécialement «le cheminement de la Serbie vers la pleine intégration dans l’Union européenne». La Serbie doit encore présenter sa candidature officielle à l’entrée dans l’Union européenne.Lors de ces entretiens, il a enfin été question de «la contribution que l’Eglise catholique souhaite offrir à la société serbe». A cet effet, les parties ont rappelé «les éléments capables d’assurer de manière adaptée la présence et l’activité» de l’Eglise en Serbie.
Le pape et le président serbe se sont entretenus pendant près de 25 minutes en anglais, sans recourir à des traducteurs. Boris Tadic était accompagné d’une délégation de 9 personnes, parmi lesquelles Vuk Jeremic, ministre des Affaires étrangères, et Vladeta Jankovic, ambassadeur de Serbie près le Saint-Siège. Lors du traditionnel échange de cadeaux, le chef de l’Etat serbe a offert au pape une reproduction d’une page de l’Evangile datant du 11e siècle. Par la suite, Boris Tadic a rencontré le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, et Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations avec les Etats.
Né en 1958 à Sarajevo, dans l’ancienne Yougoslavie, Boris Tadic, membre du parti démocratique, est président de la République de Serbie depuis 2004. Il a été réélu le 3 février 2008 pour un nouveau mandat de 4 ans. Pays à grande majorité orthodoxe, la Serbie compte également des catholiques, des musulmans, des juifs et des protestants.
Reprise du dialogue Eglise-Etat
Benoît XVI a ensuite reçu en audience le premier ministre tchèque Jan Fischer, avant que celui-ci ne rencontre également le cardinal Bertone et Mgr Mamberti. «Les échanges cordiaux» entre Jan Fischer et les autorités vaticanes, a rapporté un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège, ont permis de «poursuivre les conversations entreprises» lors du voyage de Benoît XVI en République tchèque, du 26 au 28 septembre 2009.
En particulier, les parties ont confirmé leur «volonté commune de poursuivre le dialogue constructif sur des thèmes bilatéraux relatifs aux relations entre la communauté ecclésiale et la communauté civile». De sources diplomatiques, cette rencontre visait à relancer doucement les discussions en vue d’un concordat sur la question de la restitution des biens de l’Eglise, comme l’avait annoncé le père Federico Lombardi, ›porte-parole’ du Vatican, lors du voyage du pape en République tchèque.
Ces entretiens ont aussi été marqués par «un échange de points de vue sur des questions d’actualité dans les relations internationales, en particulier sur l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne» sur l’Europe, dont la récente ratification par Prague avait été rendue difficile par la question de la restitution des biens des Allemands des Sudètes après la Seconde guerre mondiale.
remerciements au pape pour sa visite
Jan Fischer et Benoît XVI se sont entretenus en privé pendant 20 minutes en anglais, sans l’aide d’interprètes. Le premier ministre avait annoncé à la presse qu’il profiterait de cette rencontre pour remercier le pape de sa visite en République tchèque. Après cet entretien, Jan Fisher a présenté au pape sa femme et la délégation d’une dizaine de personnes qui l’accompagnait, dont l’ambassadeur tchèque près le Saint-Siège, Pavel Vosalik. Benoît XVI a offert à Jan Fisher un stylo ayant la forme d’une colonne du baldaquin du Bernin de la basilique Saint-Pierre. Le chef du gouvernement tchèque a quant à lui remis au pape une médaille et une petite statue en bois naturel représentant sainte Agnès de Bohème (1211-1282), canonisée en 1989. Avant de se rendre au palais apostolique, Jan Fisher avait visité la crypte de la basilique Saint-Pierre pour se recueillir sur la tombe de Jean-Paul II (1978-2005) et du cardinal tchèque Josef Beran (1888-1969), archevêque de Prague pendant plusieurs dizaines d’années et figure symbolique de la lutte de l’Eglise contre le régime communiste. Né en 1951 à Prague, statisticien de formation, Jan Fischer a été élu à la tête du gouvernement tchèque en avril 2009.
Selon des chiffres du Bureau central des statistiques de l’Eglise, la République tchèque compte plus de 3 millions de catholiques sur une population totale de près de 10 millions d’habitants. La majeure partie de ces catholiques est, comme dans toute société sécularisée, peu pratiquante. (apic/imedia/cp/bb)



