Une liste de six candidats
Diocèse de Bâle: l’élection du successeur à Mgr Wüst approche (100194)
Soleure/Fribourg, 10janvier(APIC) C’est le 14 janvier que les dix-huit
chanoines du chapitre cathédral éliront le nouvel évêque du diocèse de Bâle. Le nom du nouvel élu ne sera cependant pas dévoilé avant la confirmation de l’élection par le Vatican. Une procédure qui peut durer de une à
six semaines. Les chanoines auront à choisir parmi une liste de six noms
établie après un large consultation auprès des fidèles du diocèse.
La première tâche du chapitre, réuni vendredi à Soleure sera de réduire
à six le nombre des candidats au siège épiscopal. Pas moins d’une centaine
de noms ont surgi en effet lors de la consultation publique.
Contrairement à la plupart des évêques de l’Eglise latine, l’évêque de
Bâle n’est pas nommé directement par le pape, mais élu par le chapitre cathédral formé de chanoines représentant chaque canton. Selon le concordat
signé en 1828 entre le Saint-Siège et les cantons, le chapitre a le droit
lors de toute vacance épiscopale, de désigner l’évêque parmi le clergé diocésain. Ainsi ce mode d’élection est demeuré tel qu’il était en vigeur dans
l’ancien diocèse de Bâle avant la Révolution française.
La participation des cantons à cette élection posa dès le départ des
difficultés, le Saint-Siège refusant d’intégrer dans le concordat un droit
de regard pour les cantons. Cette exigence fut néanmoins acceptée dans un
bref papal de la même année enjoignant les chanoines de n’élire évêque
qu’une personnalité dont ils seraient convaincus qu’elle convienne aux gouvernements.
Après leur délibération du matin, les chanoines feront apporter par
coursier leur liste à la Conférence diocésaine rassemblée dans un autre
lieu de la ville. Présidée par un protestant, le conseiller d’Etat soleurois Fritz Schneider, cette conférence qui compte également dans ses rangs
une femme, la conseillère d’Etat lucernoise Brigitte Mürner-Gilli, est formée de deux délégués de chaque canton. C’est elle qui exerce aujourd’hui le
droit de regard des cantons en ayant le droit de biffer des noms sur la
liste de six candidats proposée par le chapitre.
Le secret qui sera maintenu à l’issue de l’élection, faite à la majorité
absolue et à bulletin secret, se justifie par deux raisons principales.
D’une part permettre à l’élu d’accepter au non son élection et d’autre part
éviter les controverses entre les diverses instances. Le nonce apostolique
en Suisse doit en effet mener une enquête pour examiner si l’élu correspond
aux normes requises par le droit canon. Le dossier est ensuite transmis à
Rome à la Congrégation des évêques qui après examen le soumet à l’approbation du pape. Une procédure qui peut durer plusieurs semaines. En cas de
refus par Rome, ce qui paraît toutefois fort peu probable, les chanoines
pouraient procéder à une seconde élection.
Les fidèles du diocèse se sont exprimés à travers 1’463 lettres représentant 6’591 personnes. L’analyse des réponses a occupé huits séances
d’une journée entière, a indiqué le chanoine Max Hofer. Les souhaits se ont
mis en évidence l’importance accordée à la place de laïcs dans l’Eglise et
à une pastorale proche des gens, dans la lignée de Mgr Anton Hänggi et Otto
Wüst, les deux derniers évêques diocèsains. (apic/mp)



