L’urgence d’une nouvelle compréhension des ministères
Diocèse de Bâle: Les femmes argoviennes adressent une résolution à Mgr Koch
Aarau, 13 novembre 1997 (APIC) Les quelque 90 participantes à une journée de formation de la Ligue argovienne des femmes catholiques (AKF) ont adressé à l’évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch, une résolution réclamant une nouvelle compréhension des ministères dans l’Eglise. Le théologien Herbert Haag, ancien professeur à Tübingen, est venu présenter les thèses controversées publiées dans son dernier livre. Le débat a également été alimenté par une responsable de paroisse, Martha Brun. Teneur de la rencontre: il faut dire adieu à l’Eglise cléricale.
Des changements ne sont possibles que si le peuple de Dieu devient enfin conscient de sa dignité, a relevé en introduction la présidente cantonale de l’Association faîtière des femmes catholiques, Caroline Meier-Machen. «Vivre et être actif dans l’Eglise sur un pied d’égalité et dans le partenariat signifie, pour l’AKF, prendre une co-responsabilité dans le projet de Jésus, le sacerdoce commun de tous les fidèles». Participer au sacerdoce commun, poursuit-elle, signifie développer une nouvelle compréhension des ministères.
Pour Herbert Haag, Jésus n’a pas voulu une Eglise à deux niveaux avec d’un côté les clercs, de l’autre les laïcs. Tous les ministères sont des institutions de l’Eglise, aucun ne peut remonter à Jésus Christ, affirme le bibliste lucernois en résumant son dernier livre. Tous les croyants forment un grand «clergé»; par le baptême, ils ont tous reçu une ordination, affirme Herbert Haag.
C’est pourquoi, lance-t-il, la mission de présider l’eucharistie ne doit pas dépendre d’une ordination spécifique supplémentaire, du sexe ou de l’état-civil. L’état de nécessité dans lequel se trouve actuellement l’Eglise est un dernier appel pour revenir aux origines, affirme le théologien. Une position que Mgr Koch avait vivement critiquée lors de la parution du livre, reprochant à Herbert Haag une «attitude non-catholique».
Martha Brun, responsable de paroisse, a témoigné de la difficulté quotidienne à réaliser ce que le Christ a demandé. Trop souvent elle doit se mettre à la recherche d’un prêtre, car la célébration des sacrements appartient à l’essentiel de l’Eglise catholique. Et comme les sacrements ne peuvent être donnés que par un prêtre ordonné, ils sont tout simplement «sacrifiés» sur l’autel du célibat, constate-t-elle.
Chacune est appelée à sa place à contribuer à une prise de conscience. La patience arrive lentement à ses limites et il faut maintenant agir, estiment les participantes. Lors de sa visite à l’évêque au mois de décembre, la présidente cantonale lui remettra une résolution demandant une nouvelle compréhension des ministères. «Aujourd’hui nous créons l’avenir. Nous célébrons nos charismes et nos vocations et nous nous engageons pour une Eglise vivante qui marche à la suite de Jésus», conclut l’AKF. (apic/com/job/mp)



