France : Ouverture de l’assemblée plénière de printemps de la Conférence des évêques (CEF)

Discussion franche sur les risques de division

Lourdes, 9 avril 2014 (Apic) L’assemblée plénière de printemps de la Conférence des évêques de France s’est ouverte le 8 avril 2014, à Lourdes. Après les questions sociales et politiques qui ont divisé l’épiscopat et les communautés ces derniers mois, son président, Mgr Georges Pontier, s’est voulu rassembleur et apaisant, rapporte le quotidien français « La Croix ».

Au premier jour de leur assemblée plénière de printemps qui se tient à Lourdes jusqu’au 11 avril, les évêques ont consacré la traditionnelle séance de questions d’actualité aux sujets ayant agité l’Église de France en particulier autour du débat sur les questions familiales liées au ›mariage pour tous’ et à la théorie du genre dans l’enseignement.

« Chacun sentait bien qu’il y avait un non-dit qu’il fallait lever. Le débat était nécessaire », a glissé un évêque au journaliste de « La Croix ». « Il a eu lieu, franc, direct et libre », prolonge l’un de ses confrères. Au cours de ce débat à huis clos, « chacun a pu s’expliquer, de manière fraternelle », note un évêque, pour qui les communautés sont « à fleur de peau, dans un sens comme dans un autre ». « Nous avons trop peur du conflit, poursuit-il, parce que nous oublions toujours que Dieu est plus grand que ce que chacun peut en dire. Mais cette discussion, si utile soit-elle, n’est pas suffisante. Nous n’arrivons pas encore à aborder le fond des problèmes, à exprimer vraiment les raisons de nos désaccords. Comme dans le reste de la société, il se dit beaucoup de choses mais personne ne se dévoile réellement. » Au total, quinze évêques ont pris la parole.

La juste manière de vivre en chrétiens

« Ce qui domine les discussions, c’est, au fond, la juste manière de vivre en chrétien dans notre société », analyse une personnalité de l’épiscopat français, reprenant l’expression du président de la conférence épiscopale, Mgr Georges Pontier, dans son discours d’ouverture. Pour apaiser les tensions, parfois vives, qui ont agité l’épiscopat et les communautés, l’intervention de l’archevêque de Marseille s’est voulue rassembleuse, en invitant à dépasser les réflexes partisans. « Les moyens de communication modernes, le développement des réseaux sociaux, (…) tout cela modifie profondément les comportements individuels et collectifs. Le rapport de force, dans une époque où le législatif n’est plus inspiré par les valeurs qui ont fait notre société, peut être ce qui est recherché au détriment de tout effort de réflexion, de confrontation, de conversion même », a-t-il lancé, avant de mettre clairement en garde ses confrères contre les menaces qui pèsent sur leur unité : « Nous-mêmes, évêques, nous sommes souvent sollicités ou même requis pour donner caution à des initiatives de tous ordres. Le risque d’être instrumentalisé ou d’instrumentaliser mérite discernement et échange », a affirmé Mgr Pontier.

« Le pluralisme s’est installé dans notre pays de façon durable. Les évolutions sociétales déstabilisent et divisent. Les progrès des connaissances sur l’homme, si elles ouvrent la perspective de progrès thérapeutiques ne ferment pas la porte à des usages inhumains, irrespectueux de la dignité de l’homme. Beaucoup viennent vers l’Église, conduits par l’Esprit de Dieu, pour vivre une expérience spirituelle et trouver une lumière pour avancer dans l’espérance et la fraternité. Ils attendent beaucoup de nous», a conclu le président de la CEF. (apic/cx/mp)

9 avril 2014 | 11:11
par webmaster@kath.ch
Partagez!