Rome: Le Vatican rappelle à des religieuses américaines l’importance de la fidélité au magistère
Discuter un programme doctrinal qui inquiète
Rome, 12 juin 2012 (Apic) La Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) a souligné l’importance de la «communion ecclésiale» au magistère de l’Eglise entre les supérieurs majeurs des ordres religieux et le Vatican. Elle s’est exprimée à l’issue de la rencontre, le 12 juin 2012, avec la Conférence des supérieures des religieuses catholiques des Etats-Unis (LCWR), à qui elle reproche ses positions libérales.
La réunion a eu lieu en présence de Sr Pat Farrell et Sr Janet Mock, présidente et directrice de la LCWR, du préfet de la CDF le cardinal William Joseph Levada, et de Mgr Peter Sartain , archevêque de Seattle aux Etats-Unis. Ce dernier est chargé du programme de réforme visant à remédier aux «problèmes sérieux» que posent certaines positions de religieuses de la «Leadership conference of women religious» (LCWR) dans les domaines ecclésial, éthique et social.
Selon le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, cette rencontre a permis «de discuter, dans une atmosphère d’ouverture et de cordialité, des problèmes et des inquiétudes soulevées par le programme doctrinal».
Un dialogue ouvert
Interrogées au terme de la réunion, les religieuses ont évoqué «un dialogue ouvert». Les dirigeantes de la LCWR ont expliqué qu’elles rapporteraient le contenu des discussions aux autres membres pour consultation, dans l’attente de l’assemblée générale prévue en août prochain.
Le Père Federico Lombardi a rappelé que, selon le Code de droit canonique, une conférence de supérieurs majeurs comme la LCWR est constituée par le Saint-Siège et demeure sous sa direction. Elle doit promouvoir les efforts de chacun des membres des Instituts et encourager la coopération avec le Saint-Siège et les conférences épiscopales locales.
L’objectif du programme de réforme voulu par la CDF, a poursuivi le Père jésuite, est «d’aider la LCWR dans cette mission importante en encourageant une vision de communion ecclésiale fondée sur la foi en Jésus-Christ et sur les enseignements de l’Eglise, tels qu’ils ont été transmis fidèlement au fil des époques sous la conduite du magistère».
Inquiétudes de la LCWR
Réunie à Washington du 29 au 31 mai, la direction de la LCWR avait fait part, dans un communiqué publié le 1er juin, de ses inquiétudes concernant la manière dont la CDF avait élaboré son programme de réforme et le contenu de ce dernier, basé sur «des accusations peu solides». La LCWR avait estimé que «les sanctions imposées étaient disproportionnées» et rendaient sa mission plus difficile. Les religieuses américaines avaient aussi reproché le manque de transparence de l’enquête effectuée par le Vatican pour préparer le programme. Elles avaient mis en avant le soutien manifesté par des catholiques et des non catholiques, par courrier ou par des veillées de prière.
En avril dernier, après trois ans d’enquête, la CDF avait annoncé son intention de lancer un vaste programme de réforme concernant la LCWR, afin de remédier aux «problèmes sérieux» que posent certaines positions dans les domaines ecclésial, éthique et social. Le dicastère avait chargé l’archevêque de Seattle de mener à bien cette réforme, en collaboration avec la Conférence épiscopale américaine. Peu après, la présidence de la LCWR avait indiqué avoir été «stupéfaite par les conclusions de l’enquête doctrinale menée par la Congrégation pour la doctrine de la foi» depuis 2009. (apic/imedia/cp/ggc)



