Dispute réactivée
Malaisie: Controverse sur le droit pour les non musulmans d’utiliser le terme «Allah»
Kuala Lumpur, 10 janvier 2013 (Apic) Le Secrétaire du Parti malaisien d’Action démocratique (DAP), Lim Guan Eng, a demandé il y a quelques jours au gouvernement de reconnaître à tous les citoyens, y compris aux non musulmans, le droit d’utiliser le mot «Allah». Sharafuddin Idris Shah, sultan de l’Etat malaisien de Selangor s’est dit «choqué et préoccupé» par la demande du politicien. Le sultan a interdit en 2010, dans son Etat, l’utilisation du terme «Allah» par les non musulmans.
En interdisant en février 2010, par une fatwa (décret religieux), l’utilisation par les non musulmans du mot «Allah», le sultan a expliqué qu’il s’agissait là d’un «mot sacré, exclusivement réservé aux musulmans «.
La question de l’usage du terme «Allah» est depuis longtemps au centre d’une dispute juridique entre les chrétiens malaisiens et l’Etat, rapporte le 9 janvier 2013 l’agence missionnaire vaticane «Fides».
Bien que les chrétiens aient remporté en 2009 un premier procès devant le tribunal à ce sujet, les avocats du gouvernement ont présenté un recours et l’on est encore dans l’attente d’une solution définitive.
Chrétiens mobilisés
La question est donc revenue sur le devant de la scène après l’intervention de Lim Guan Eng et la réaction du sultan de Selangor. Les chrétiens du pays se mobilisent actuellement pour préserver le droit d’utiliser le terme controversé.
Dans un communiqué envoyé à «Fides», les Eglises protestantes réunies au sein du Council of Churches of Malaysia (CCM) objectent qu’une fatwa ne peut s’appliquer aux non musulmans. Ils réaffirment qu’en se basant sur la sentence de 2009, encore applicable, ils continueront à utiliser leur Bible dans laquelle est présent le terme «Allah». C’est le terme par lequel Dieu est encore aujourd’hui mentionné dans la Bible en langue malay, et ce depuis ses premières éditions, qui datent de 1612, soit bien avant la création de la Malaisie.
Selon la Constitution, le Sultan détient le pouvoir exécutif à Selangor, l’un des 13 Etats qui composent la Fédération malaisienne. Dans cet Etat, les citoyens musulmans représentent 57,9% de la population alors que les bouddhistes sont 24,4%, les hindouistes 11,6% et les chrétiens 3,8%. (apic/fides/rz)



