«Divin pardon» pour le Père Miguel d'Escoto Brockmann

Nicaragua: Miguel d’Escoto Brockmann va pouvoir à nouveau célébrer la messe

Managua, 8 août 2014 (Apic) Le religieux, âgé aujourd’hui de 81 ans, avait été suspendu par le Pape Jean-Paul II en 1984, pour avoir intégré les rangs du gouvernement Sandiniste du Nicaragua. Après avoir reçu le consentement du Pape François pour sa réintégration, il espère désormais célébrer sa première Eucharistie au côté du Cardinal Obando, archevêque émérite de Managua.

«Cher peuple du Nicaragua, ma prêtrise est pour vous», a déclaré celui qui a été président de l’Assemblée Générale de l’ONU (2008-2009), immédiatement après avoir pris connaissance de la décision épiscopale. Très ému, Miguel d’Escoto Brockmann a indiqué qu’il s’était également adressé au Cardinal Miguel Obando Bravo, l’Archevêque émérite de Managua, la capitale et ancien farouche opposant du Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN). «Je lui ai dit: Cardinal, si cela est possible avant que je meure, je voudrais célébrer ma première Eucharistie avec vous, et que vous m’y aidiez, parce que j’ai tout oublié car lorsque je la célébrais, c’était en latin!»

Miguel d’Escoto Brockmann est né le le 5 février 1933 à Los Angeles, aux Etats-Unis et a été ordonné prêtre à New-York en 1961. Il s’est très tôt reconnu dans les positions défendues par la théologie de la libération. Pour ce missionnaire de Maryknoll, le sacerdoce s’apparentait à «un voyage pour la cause de la paix, de la justice et de la dignité de (son) peuple».

«Prêtres rouges»

C’est ainsi qu’il a commencé à se rapprocher du Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN), fondé en 1961 pour mener la guerilla contre la dictature de la famille Somoza, soutenue par les États-Unis. En 1975, le Père Miguel d’Escoto Brockmann se rapproche du FSLN à travers le Comité de Solidarité des États-Unis. A partir de 1984, au terme d’une guerre civile qui a fait plus de 65’000 morts, le religieux se voit proposer le Ministère des Affaires étrangères par Daniel Ortega.

C’est pour avoir accepté cette charge que le prêtre a été suspendu «a divinis» en 1985 par la Congrégation pour la doctrine de la foi, présidée à l’époque par le cardinal Joseph Ratzinger. Il n’a d’ailleurs pas été le seul. Deux prêtres jésuites, le Père Fernando Cardenal et son cousin Ernesto Cardenal, ont subi le même sort. Ces deux derniers «prêtres rouges» n’ont pas été, pour l’instant, réintégrés. (apic/jcg)

8 août 2014 | 17:12
par webmaster@kath.ch
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