«Divisée entre les soldats du régime et les rebelles»

Soudan du Sud: Malakal, de capitale du pétrole à ville fantôme

Juba, 21 février 2014 (Apic) La situation à Malakal est «dans l’impasse» et la ville est «divisée entre les soldats du régime et les rebelles», a indiqué le ministre sud-soudanais de l’Information, Michael Makuei. Des nouvelles rapportées à l’agence catholique MISNA par des sources sur le terrain font état d’une «ville fantôme» dont les habitants ont pris la fuite et où ne restent que les soldats et les rebelles pour combattre.

Depuis Addis-Abeba (Ethiopie), où les négociations de paix entre le gouvernement sud-soudanais et la rébellion sous commandement de l’ancien vice-président Riek Machar sont largement dépassées par les événements sur le terrain, le ministre de l’Information a assuré que «le dialogue n’est pas mort», en dépit des violations «agressives et intolérables» du cessez-le-feu. Le gouvernement et les rebelles s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les combats, qui durent depuis trois jours dans cette capitale du riche Etat pétrolifère de l’Upper Nile. La population civile a cherché refuge dans la base voisine de la mission locale de l’Onu (Unmiss), où plus de 20’000 déplacés ont été jusque là accueillis, après avoir fui leurs villages sans rien.

Pendant ce temps, sur le front diplomatique, la pression internationale monte pour obliger les factions au conflit à reprendre les colloques, déjà retardés par les conditions des rebelles pour la libération de quatre prisonniers politiques et le retrait des troupes ougandaises du territoire sud-soudanais.

Production de pétrole suspendue à Bentiu

Les troubles de cette semaine dans cette ville-marché, située sur les rives du Nil Blanc à environ 650 kilomètres au nord de la capitale Juba, ont généré de fortes préoccupations sur la sécurité des camps et des sites pétroliers de l’Upper Nile. Malakal se trouve en effet à environ 140 kilomètres d’un complexe pétrolier avec usine stratégique pour le traitement du pétrole. L’Etat de l’Upper Nile est le seul à continuer de garantir une extraction de pétrole après que la production dans la ville voisine de Bentiu a dû être suspendue à cause du conflit. (apic/misna/bb)

21 février 2014 | 10:16
par webmaster@kath.ch
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