Note de la Congrégation des évêques
Document d’Eglise
à propos de la révocation de Mgr Gaillot
«Le Saint-Père et plusieurs organismes du Saint-Siège ont reçu de nombreuses lettres à propos de la mesure qui a été prise, par mandat du pape, à
l’égard de Mgr Gaillot, alors évêque d’Evreux. Certains de ces correspondants expriment un souci réel, soit au sujet de l’évêque en cause lui-même,
soit au sujet du ministère qu’il entendait exercer à l’égard des personnes
les plus éloignées de l’Eglise ou même qui lui sont opposées. Ces lettres
traduisent parfois une vraie souffrance et une inquiétude authentique.
Aux personnes et aux groupes qui en sont les signataires, on voudrait donner ici quelques éléments de réponse:
a) On comprend et on apprécie leur intérêt pour l’engagement de ceux et
celles qui s’efforcent de faire parvenir le message du Christ et de son
Eglise aux personnes et aux milieux les plus divers, y compris en intervenant dans les médias.
b) La mesure prise à l’encontre de Mgr Gaillot n’est en rien motivée par ce
type d’engagement, ni par le fait de faire usage des médias.
c) Les motivations de la décision que l’on a dû prendre à regret sont d’un
tout autre ordre; elles tiennent à un aspect constitutif de la mission d’un
évêque, chargé d’une portion du peuple de Dieu: la communion dans la foi de
l’Eglise avec ses frères dans l’épiscopat et, en tout premier lieu, avec le
successeur de Pierre. C’est à cela que chaque évêque s’engage quand il est
ordonné.
d) Or, Mgr Gaillot marquait fréquemment ses distances par rapport à des
enseignements officiels de l’Eglise, ou même en prenait ouvertement le
contre-pied, notamment en matière morale. Dans ces domaines, l’évêque ne
peut s’autoriser à faire prévaloir ses propres conceptions sur celles que
tient l’ensemble du collège épiscopal dont le pape est la tête (au sujet de
la collégialité, souvent invoquée, il faudrait relire ce qu’en a
précisément dit le Concile Vatican II, en particulier dans la Constitution
sur l’Eglise «Lumen Gentium», au chapitre III).
e) Il est inexact d’affirmer qu’il n’y a pas eu de dialogue avec l’intéressé avant que la mesure soit prise. Au contraire, le dialogue s’est prolongé
pendant dix ans, dans l’esprit de ce que recommandent l’Evangile et saint
Paul (cf Mt 18,15-17); (Co 1, 10-13). Il a eu lieu tant avec le Saint-Siège
qu’ avec de nombreux évêques et le président de la Conférence des évêques
de France, comme en témoigne la déclaration commune du cardinal Decourtray
et de Mgr Gaillot publiée le 15 février 1989. D’autre part, ainsi que l’a
précisé le communiqué de presse du 13 janvier dernier, le Saint-Père, luimême, en a parlé avec Mgr Gaillot lors de sa visite «ad limina». Il est
donc clair que tous les moyens ont été mis en oeuvre pour revenir à des
rapports harmonieux. Malheureusement, ces efforts n’ont pas abouti.
«Un évêque l’est pour toujours, même sans diocèse. Mgr Gaillot reste évêque
avec tous les droits mais aussi tous les devoirs d’un successeur des apôtres, dont le premier est le service de la communion dans l’unité de la
vérité».




