France : «Autoriser la gestation pour autrui, c’est faire un pas vers la barbarie», estime Catherine Dolto

Donner à un enfant un statut d’animal ?

Brest, 25 août 2014 (Apic) «Autoriser la gestation pour autrui (GPA), c’est probablement faire un grand pas vers la barbarie», estime Catherine Dolto. Dans une interview au ›Télégramme’ de Brest, la pédiatre et spécialiste de la relation mère-foetus, tire la sonnette d’alarme.

Depuis 30 ans qu’elle accompagne des grossesses, Catherine Dolto se dit très surprise que dans le débat de la gestation pour autrui que «personne ne se pose la question du vécu de l’enfant. La GPA ne peut pas être sans trace, non seulement pour l’enfant mais aussi pour sa descendance (…). L’importance du début de la vie ne fait plus débat. Comment un enfant se construit-il dans le ventre d’une mère qui doit, au terme d’un contrat, s’en séparer ?»

Qu’on le veuille au non, l’enfant est en lien permanent avec sa mère porteuse. Il partage sa vie. «Le foetus guette tout ce qui fait signe. Il est beaucoup plus poreux qu’on le croit au monde extérieur. Cela laisse des traces très profondes. L’enfant in utero se prépare à entrer dans le monde de sa mère », explique Catherine Dolto.

L’enfant comme un petit chien ou un petit chat ?

La pédiatre s’inquiète surtout de la réaction de l’enfant issu de GPA lorsqu’il apprendra qu’il a fait l’objet d’une transaction. «C’est une question cruciale. Il faudra trouver, le plus tôt possible, les mots justes et vrais pour ne pas être destructeur. […] Ce qui est à craindre, c’est qu’un enfant perde le respect pour lui-même et pour les adultes à l’origine de cette transaction et que cela déclenche en lui une très grande violence. Quel sera le coût humain et social d’une telle pratique ? »

Pour Catherine Dolto, l’enfant né par GPA devient «l’aboutissement de la société de consommation, la boucle finale de cette société marchande. On a réifié les animaux et on va donner aux enfants un statut d’animal, de produit dont le destin est de rendre heureux une famille, comme un petit chien, comme un petit chat. On regarde d’abord la jouissance des grandes personnes.» (apic/tg/mp)

25 août 2014 | 17:11
par webmaster@kath.ch
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