Dans les facultés pontificales, les discours de rentrée sont souvent des
Du nouveau sur saint Augustin (181093)
textes de circonstances ou des rapports déguisés sur l’activité de l’année
écoulée. L’Augustianum, institut spécialisé dans les études patristiques,
fait exception, en organisant chaque année un débat sur un thème touchant
sa matière principale. Cette année, le discours inaugural a été prononcé
par le professeur François Dolbeau, de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes
de Paris, qui a parlé de sa découverte à Mayence de nouveaux sermons de
saint Augustin.
Saint Augustin, évêque d’Hippone au début du 5e siècle, est le plus fameux des anciens écrivains chrétiens que l’on désigne comme les «Pères de
l’Eglise». Bien que l’on connaisse un nombre important de ses oeuvres, surtout des sermons et des traités exégétiques, toute nouvelle trouvaille est
très importante, car elle permet de mieux préciser certains détails de sa
vie, mais aussi le contexte dans lequel il a vécu et agi: l’Afrique du Nord
aux alentours de l’an 400.
Les vingt-six sermons retrouvés à Mayence sont en partie totalement inédits. Mais dans plusieurs cas, ils fournissent un texte meilleur de sermons
connus par d’autres manuscrits. De la comparaison entre l’une et l’autre
source, il apparaît avec évidence que le texte prononcé par saint Augustin
a été assez souvent modifié par la suite, et surtout écourté, pour en faciliter la lecture pendant le Moyen Age, lorsque les textes des Pères de
l’Eglise ont été insérés dans le bréviaire ou utilisés pour l’instruction
et l’édification des moines. (apic/sw/cb)



