Brésil : Rapport d'Amnesty International sur les restrictions de la liberté d'expression et de manifestation

Durant le Mundial, les manifestants pourraient être considérés comme des ›terroristes’

Rio de Janeiro, le 11 juin 2014 (Apic) Dans un rapport remis début juin aux autorités, Amnesty International Brésil dénonce le risque que l’Etat brésilien qualifie de ›terroristes’ les manifestants des divers mouvements sociaux qui ont l’intention de profiter de la Coupe du monde de football pour dénoncer les problèmes économiques, sociaux et environnementaux du pays. L’ONG dénonce une «stratégie de la peur», renforcée par la présence de l’armée.

Le rapport, intitulé: «Ils utilisent la stratégie de la peur. Le Brésil doit protéger le droit de manifester», présente les préoccupations relatives à un excès de l’usage de la force par la police et au risque de mises en détention arbitraires. Il dénonce aussi de nouvelles propositions de loi permettant de criminaliser les manifestants.

Vérifier que la police respecte les droits humains

« Nous avons enquêté sur des cas de manifestants agressés ou détenus lors des manifestations de juin 2013, dans les villes de Rio de Janeiro et de Sao Paulo, explique Atila Roque, directeur exécutif d’Amnesty International Brésil. Nous avons relevé des preuves d’abus commis par les forces de sécurité, que ce soit dans l’usage sans distinction de balles en plastique et de gaz lacrymogènes, ou dans le recours excessif à la force lors de l’encadrement des manifestations.»

Amnesty Brésil a recueilli les témoignages de manifestants, d’avocats et de journalistes. Elle a également analysé de nombreuses photos, vidéos, documents gouvernementaux et registres de police. «Nous sommes là pour vérifier que les pratiques policières dans le pays sont conformes aux normes internationales en termes de droits humains», précise Atila Roque

Une pétition de 87 000 signatures

Le rapport a été accompagné par la remise d’une pétition munie de 87’000 signatures récoltées dans le cadre de la campagne « Brasil, chega de bola fora! » («Brésil, cessons d’être hors jeu !»), lancée dans près de trente pays.

Cette campagne, a également donné lieu à un acte commun à Rome, La Haye, Santiago du Chili, Asuncion, Brasilia et Madrid, durant lequel des militants vêtus en arbitres ont brandi un carton jaune aux autorités du pays. «Le pays a la possibilité de montrer qu’il respecte les droits à la liberté d’expression et de manifestations pacifiques dans n’importe quelle situation, même s’il reçoit un grand événement sportif international. Nous espérons que les forces de sécurité sont prêtes à respecter ces droits,» souligne Atila Roque. (apic/jcg/mp)

11 juin 2014 | 09:49
par webmaster@kath.ch
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