Le cardinal Winning déclenche une polémique sur l’homosexualité

Ecosse: L’Eglise veut davantage protéger les enfants d’abus sexuels commis par des prêtres

Edimbourg/Glasgow, 10 novembre 1999 (APIC) L’Eglise catholique d’Ecosse veut davantage protéger les enfants d’abus sexuels commis par des prêtres. Elle a publié mardi à Edimbourg de nouvelles directives prescrivant notamment que désormais les prêtres et les autres collaborateurs de l’Eglise devraient toujours être au moins deux pour s’occuper de groupes d’enfants.

Les directives, rédigées par les évêques écossais après cinq ans de travail, obligent en outre qu’au moins l’un des accompagnateurs d’un groupe non mixte de jeunes – filles ou garçons – soit du même sexe que les jeunes. Dans la mesure du possible, une personne ne devrait jamais rester seule avec un enfant. Les collaborateurs de l’Eglise ne doivent pas non plus rencontrer les jeunes qui leur sont confiés en dehors des activités ecclésiales sans la permission des parents. Les évêques écossais demandent également que l’on examine soigneusement les candidatures de toutes les personnes à qui l’Eglise confie des enfants.

Pas de propagande homosexuelle à l’école

Ces derniers jours, le cardinal Thomas Winning, archevêque catholique de Glasgow, a soulevé une véritable tempête politique en estimant qu’une discrimination contre les enseignants homosexuels était justifiée. Le numéro un de l’Eglise catholique romaine en Ecosse commentait le projet du Parlement écossais d’abolir la «Section 2a» de l’Acte du Gouvernement Local de 1986 interdisant aux enseignants de parler d’homosexualité avec les élèves. L’Eglise veut éviter tout prosélytisme dans les écoles.

Le cardinal Winning a déclaré qu’une discrimination contre «le désordre qu’est l’homosexualité» est justifié dans certaines professions, dont l’enseignement, l’accueil familial et le placement en vue d’adoption, les postes d’entraîneurs sportifs et les fonctions miliaires.

Le cardinal Winning considère qu’il n’est pas injuste de prendre en compte l’orientation sexuelle quand on recrute des personnes pour certains postes. «En dénonçant l’activité homosexuelle, l’Eglise défend aussi les personnes homosexuelles face aux formes de discrimination injustes et cherche à les aider à trouver la joie et la paix en vivant dans la joie de la chasteté».

Abroger des lois interdisant la promotion de l’homosexualité dans les écoles met à ses yeux en danger la santé des enfants et les expose à des relations «prédatrices et abusives». L’archevêque de Glasgow mentionne également le risque qu’une telle décision mette sur un pied d’égalité homosexualité et mariage, imposant aux enfants la relativité morale et un discours «politiquement correct» ne proposant aucune valeur. Membre du mouvement chrétien des gays et lesbiennes, le Révérend Richard Kirker a réagi en qualifiant ces «commentaires réactionnaires» de propos «injustifiables, insoutenables et anti-chrétiens». D’autres mouvements gays rappellent que les abus sexuels sur les mineurs sont essentiellement le fait d’adultes hétérosexuels et qu’il est faux de présenter les gays comme une menace contre les enfants. (apic/times/bcc/kna/be)

10 novembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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