L'écrivaine allemande Birgit Kelle défend la famille traditionnelle (Photo:Demo für Alle/Flickr/CC BY-SA 2.0)
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L'écrivaine allemande Birgit Kelle défend la famille traditionnelle (Photo:Demo für Alle/Flickr/CC BY-SA 2.0)

Une écrivaine "anti-théorie du genre" "porte-parole" de Mgr Huonder

27.11.2017 par Georges Scherrer, kath.ch/traduction et adaptation: Raphaël Zbinden

Le message de l’évêque de Coire pour la Journée des droits de l’homme 2017 n’a pas été écrit par Mgr Vitus Huonder, mais par l’écrivaine allemande Birgit Kelle. Son texte critique notamment la “théorie du genre” et les couples homosexuels qui utilisent des mères porteuses.

L’évêque de Coire a uniquement écrit, cette année, l’introduction du message pour la Journée internationale des droits de l’homme, qui a lieu le 10 décembre. Il y fait en particulier référence à des propos du pape François “dénonçant les diverses formes d’une idéologie communément appelée “théorie du genre”, qui nie la différence et la complémentarité naturelle entre l’homme et la femme.”

Cette idéologie renvoie à la perspective d’une société sans différences de genres et sape les fondements anthropologiques de la famille, affirme l’évêque en citant toujours le pontife.

Mgr Huonder donne ensuite la parole à Birgit Kelle, en souhaitant que les expériences de vie “d’une femme et d’une mère forte” pourront servir à préserver l’humanité d’un grand péril.

Parents contre Etat

L’écrivaine allemande défend ardemment le modèle de la famille traditionnelle, aussi bien dans ses livres que dans son engagement public. Des thèses qui se retrouvent dans le texte qu’elle a écrit pour l’évêque de Coire.

Elle y affirme notamment que tous les mouvements politiques totalitaires des siècles passés et tous les régimes dictatoriaux au monde se sont efforcés d’accaparer les enfants en semant la discorde dans les familles et en tentant de les séparer de leurs parents.

L’objectif de ces Etats aurait ainsi été “d’éloigner les enfants de leurs croyances et de l’Eglise, afin de leur inculquer le plus rapidement possible leurs propres conceptions”. Le but de l’Etat étant de définir ce qui est bon pour les enfants.

L’éducation sexuelle pour détruire l’identité?

Aujourd’hui, sous prétexte d'”éducation à la tolérance”, les établissements scolaires enseigneraient aux enfants qu’ils ont leur droit propre à la sexualité, même contre la volonté de leurs parents”, déplore l’écrivaine. Elle regrette que les écoles revendiquent “le droit pour les enfants d’être informés des différentes orientations et pratiques sexuelles”. Les programmes d’éducation sexuelle pour les enfants de maternelle seraient en outre élaborés, selon Birgit Kelle, par des “experts douteux en matière de théorie du genre”. Même l’Organisation mondiale de la santé (OMS) suivrait le mouvement.

Pour l’intellectuelle allemande, les programmes d’éducation sexuels existants n’encouragent pas les enfants à se développer sainement dans leur identité en tant que filles ou que garçons. Ils visent au contraire explicitement à détruire cette identité. Elle appelle ainsi les parents à protéger les enfants contre de telles influences.

Bien-être animal et traite des enfants

Aujourd’hui, le harcèlement sexuel entre adultes est punissable, rappelle-t-elle. Mais quand dans les jardins d’enfants et les écoles, des adultes exposent aux enfants en mots et en images leur propre sexualité, le crime se transforme soudainement en “éducation”, ironise Birgit Kelle.

L’auteur critique également la séparation précoce des enfants de leurs parents et établit une comparaison avec les animaux. “Où est le droit des enfants de ne pas être séparés de leurs parents dès leur plus jeune âge? C’est une chose que nous concédons même aux chiots au nom du bien-être des animaux”.

Pour l’écrivaine, les droits des enfants sont également menacés par l’avortement. Elle condamne le fait que les enfants handicapés soient tués avant leur naissance, “parce qu’ils ne répondent pas aux exigences d’un monde parfait.”

Pique contre les mères porteuses

Birgit Kelle se montre en outre sévère contre les couples homosexuels. L’appellation “justice de genre” conduit, selon elle, à une nouvelle forme de “traite des enfants”, sous le “joli pseudonyme de maternité de substitution”. Mais c’est faux, dit-elle, car la mère ne s’est pas “substituée”: son ventre a été “utilisé comme outil de reproduction” et l’enfant “vendu à des étrangers”.

L’auteur affirme que ce “service perfide” est “souvent utilisé par des couples de même sexe” qui ne peuvent pas concevoir un enfant de manière naturelle. Elle martèle ainsi que les enfants doivent grandir avec leurs parents biologiques et non dans une “constellation familiale moderne artificiellement réunie”.

Contentieux avec les milieux homosexuels

Mgr Huonder a déjà été sous le feu de la critique concernant des déclarations sur l’homosexualité. Dans un exposé lors d’un rassemblement catholique le 31 juillet 2015, à Fulda, en Allemagne, l’évêque avait cité deux passages du livre du Lévitique: “Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination” (Lv 18,22) et le verset: “Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort: leur sang retombera sur eux” (Lv 20,13). Après le scandale médiatique, l’association d’homosexuels Pink Cross et deux privés avaient déposé plainte contre le prélat grison.

Le Ministère public avait classé, en octobre 2015, les plaintes pour incitation publique au crime ou à la violence selon l’article 259 du Code pénal, estimant que les conditions n’étaient pas remplies pour un renvoi devant le tribunal ou une condamnation. (cath.ch/kath/gs/rz)


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