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Guatemala: Enquête sur l’assassinat de Mgr Gerardi

Dans la transparence, assure le ministre de l’Intérieur

Ciudad de Guatemala/Paris, 25 mai 1998 (APIC) L’enquête sur l’assassinat de Mgr Juan Gerardi, évêque auxiliaire de Ciudad de Guatemala, tué le 26 avril, sera menée à son terme, assure au journal «La Croix» Rodolfo Mendoza, ministre de l’Intérieur du Guatemala. Dans le pays, on ne se fait cependant guère d’illusions. «Personne ne sera jamais condamné pour cet assassinat», relevait il y a peu le président de la Conférence épiscopale.

«Nous savons qu’il est vital pour le gouvernement, comme pour l’ensemble du Guatemala, que toute la lumière soit faite sur cet assassinat. Nous devons démonter que cette enquête ira à son terme dans la transparence. Ce crime renforce notre volonté de démocratiser le pays», déclaré le ministre dans une interview accordée au quotidien catholique français.

Un crime politique? (l’évêque avait présenté deux jours plus tôt un rapport accablant sur la situation des droits de l’homme dans le pays). Plutôt que de spéculer, le ministre préfère partir des faits. «Nous réalisons une enquête très professionnelle, transparente, aucune hypothèse n’est écartée, répète-t-il. Une partie de la recherche consiste à savoir si ce crime peut être politique et à qui il bénéficierait».

Après l’arrestation d’un suspect, libéré faute de preuves, de nombreux indices ont été expédiés aux laboratoires du FBI aux Etats-Unis. Tandis que l’archevêché de la capitale souhaite qu’un juge spécial soit nommé, Rodolfo Mendoza est partisan de mettre en place «une équipe de spécialistes chargée d’enquêter tous azimuts». Mais il ne peut rien ordonner au juge d’instruction. «La seule chose que je puisse faire, déclare-t-il, est de mettre tous les moyens nécessaires à sa disposition. J’ai veillé, en accord avec l’archevêché, à ce que les témoins soient protégés. Le ministère public se plaignait de ne pas avoir les moyens d’envoyer ses experts aux Etats-Unis, nous avons pris en charge les frais. J’ai aussi demandé l’intervention du FBI afin de prouver notre volonté de transparence».

Ministre… et catholique

Le ministre ne comprend pas que les évêques aient refusé de participer à la commission nommée par le président Arzu pour éclaircir le crime: «Je suis le ministre de l’Intérieur, mais aussi un catholique impliqué dans le travail de son Eglise, un engagement de longue date et antérieur à ma nomination à ce poste. Je crois que c’est une grave erreur de la hiérarchie catholique: cette invitation à participer à la commission avait pour objet de lui permettre d’être plus près de l’enquête. Je ne connais pas sa motivation profonde, mais je considère que la hiérarchie aurait mieux servi son Eglise en participant. Quant au processus de paix, le ministre y croit «avec enthousiasme et optimisme «.

Côté catholique, côté protestant et organisations des droits de l’homme, on estime généralement que le langage tenu par les autorités pour affirmer leur détermination de faire la lumière sur cet assassinat n’est que poudre aux yeux. «Personne ne sera jamais condamné pour cet assassinat», a déclaré il y a peu Mgr Victor Hugo Martinez Contreras, président de la Conférence des évêques du Guatémala. (apic/cip/cx/pr)

19 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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