Egypte: 52 gays accusés de diffuser des «idées extrémistes» devant la Haute Cour de sûreté
Report du procès au 15 août
Le Caire, 19 juillet 2001 (APIC) Accusés de «propagation d’idées extrémistes» et de «débauche avec des hommes» contraire à l’islam, une cinquantaine d’homosexuels égyptiens ont comparu mercredi devant un tribunal du Caire, mais le procès a été renvoyé au 15 août. Tandis qu’un journal égyptien réclame la peine de mort pour les gays, les deux principaux inculpés, Chérif Farahat et Mahmoud Ahmed Allam, sont accusés «d’exploiter la religion islamique pour diffuser des idées extrémistes».
Le procès de 52 gays égyptiens – qui ont crié à l’innocence et au manque de preuves – s’est ouvert mercredi devant le tribunal correctionnel de la Haute Cour de sûreté de l’Etat. Il s’agit d’un procès mené selon une législation d’urgence datant de 1981 et visant en principe les terroristes islamistes, dont les verdicts ne sont pas susceptibles d’appels. Des échauffourées entre police et familles des accusés ont éclaté quand la police leur a interdit l’entrée du tribunal. Le président du tribunal, Mohammed Abdel-Kérim, a annoncé le report du procès au 15 août pour permettre à la défense de prendre connaissance du dossier.
Tortures et jugement sans recours
Les accusés ont été arrêtés le 11 mai dernier sur le «Queen Boat», un club flottant, sur le Nil. Leur arrestation a suscité une violente vague anti-gay en Egypte, des journaux allant même jusqu’à publier les noms et la place de travail de certains inculpés. Un journal a pour sa part réclamé la peine de mort pour les homosexuels. Deux des inculpés sont accusés «d’introduire des modifications aux versets du Coran afin de mépriser les religions monothéistes et le prophète Mahomet, d’inventer un mode de prière différent de la prière musulmane». Si les accusés sont reconnus coupables, ils pourraient encourir une peine allant jusqu’à 5 ans de prison. Leur cas a été dénoncé par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, qui allèguent des cas de torture durant leur détention. (apic/bbc/be)



