Egypte: Le grand mufti d’Egypte justifie les attentats-suicide des Palestiniens
«Le seul moyen dont disposent actuellement les Palestiniens»
Le Caire, 15 août 2002 (APIC) Les attentats suicide sont «le seul moyen de lutte dont disposent les Palestiniens dans la situation actuelle» contre Israël, a déclaré mercredi à l’Agence France Presse le nouveau grand mufti d’Egypte, Cheikh Mohamed Ahmed Al-Tayeb. Il estime par conséquent qu’on ne peut donc pas les condamner.
«Nous avons une armée très forte (l’armée israélienne) et un peuple très faible et ce peuple n’a pas trouvé d’autre moyen de se défendre (…) donc on ne peut pas dire qu’il ne faut pas le faire», a ajouté le chef religieux égyptien, alors que les mouvements palestiniens débattent actuellement d’un arrêt éventuel des attentats en Israël.
Les mouvements radicaux palestiniens Hamas et Jihad islamique ont fait savoir mardi qu’ils n’avaient pas l’intention de réviser leur stratégie d’attaques sanglantes en territoire israélien, en dépit de l’appel en ce sens d’une coalition représentant les 13 principales factions palestiniennes.
Ahmad Al-Tayeb, nommé au début de l’année au poste de mufti par le président Moubarak en remplacement de Nasr Farid Wassel, qui a atteint l’âge de la retraite, est considéré comme un homme ouvert et modéré par les médias officiels égyptiens. Né en 1946 à Louksor, le grand mufti est diplômé de la faculté de théologie islamique en 1969 puis a obtenu son doctorat en France en 1977 Ses décrets religieux, ou fatwas «instaurent un équilibre entre la modernité et les traditions religieuses», écrivait ainsi l’hebdomadaire «Al-Arham» lors de sa nomination.
Avec le cheikh d’Al-Azhar, le mufti de la République, est l’une des plus hautes autorités religieuses en Egypte. Il émet un avis dans les litiges et les questions ayant trait à la religion. Des projets de lois controversés lui sont parfois soumis pour vérifier leur conformité avec la religion. L’ancien mufti de la République, Nasr Farid Wassel, nommé en 1996, était également un azhari titulaire d’un doctorat sur le fiqh (jurisprudence islamique). (apic/arh/ag/be)



