Journalistes emprisonnés et muselés

Egypte: Manifestations sociales – 27’000 travailleurs en grève

Le Caire, 1er octobre 2007 (Apic) 13 journalistes dont 5 rédacteurs en chef de journaux indépendants ou d’organes de partis ont été arrêtés pour «diffamation» du président Hosni Moubarak et du parti au pouvoir. Les manifestations de protestation sont réprimées.

Des centaines d’Égyptiens ont manifesté lundi 1er octobre sous haute surveillance policière, devant le syndicat des journalistes et devant le siège du parti Hizb al-Ghad (le parti de demain). Cela pour protester contre la détention de journalistes et pour soutenir les 27 000 travailleurs grévistes de l’entreprise de filature et de tissage Ghazl al-Mahalla. Selon des sources locales, les forces de l’ordre ont empêché une troisième manifestation sur la Place de la libération, au Caire.

La police a mobilisé une centaine de véhicules et a bloqué les rues portant vers la place. Ces deux dernières semaines, 13 journalistes dont 5 rédacteurs en chef de journaux indépendants ou d’organes de partis ont été arrêtés pour «diffamation» du président Hosni Moubarak, du Parti national démocratique (Pnd) au pouvoir et du ministre de la justice. Outre ces manifestations, une quinzaine de journaux ne seront pas dans les kiosques le 7 octobre prochain en signe de protestation. «Ce n’est que le début d’une tempête de manifestations en réponse à la guerre déclarée par le régime contre la liberté d’expression», a dit Gamal Fahmi, membre du syndicat des journalistes égyptiens.

En réaction des limitations à la liberté d’expression, l’Union des syndicats égyptiens (comprenant 11 organisations syndicales) a rejoint les rangs des contestataires en mettant en garde contre les tentatives de museler la presse. Par la voix de son président, Mohamed Salmaoui, l’Union des écrivains égyptiens a annoncé la création d’un «Front syndical de l’opinion» composé d’organisations des journalistes, d’avocats et d’écrivains pour défendre les libertés d’expression et pour l’élimination du «délit de presse».

Pour Abd el-Wahab al-Maciri, coordinateur du mouvement Kifaya «la protestation est «un signe de solidarité avec les travailleurs de Ghazl al-Mahalla et contre la détention de journalistes et veut aussi signifier au pouvoir que la politique de répression ne fera que précipiter son départ». (apic/misna/vb)

1 octobre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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