Les migrants ont droit à la protection des droits fondamentaux

Einsiedeln: Assemblée de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse

Einsiedeln, 21 juin 2005 (Apic) Les délégués de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) sont réunis en assemblée d’été du 19 au 21 juin à Einsiedeln. Ils ont donné leur son appui à la politique du Conseil de la FEPS en matière de migrations: les personnes sans autorisation de séjour doivent bénéficier de la protection des droits fondamentaux reconnue par la Constitution fédérale, sans s’exposer au risque d’une expulsion.

Pour son assemblée d’été, la FEPS était cette année reçue par l’Eglise évangélique réformée du canton de Schwyz. Les délégués des 26 Eglises membres ont siégé au centre communal d’Einsiedeln avec des représentants de la Conférence de diaconie et de la Conférence femmes, composant ainsi une assemblée nationale des Eglises protestantes du pays, souligne la FEPS dans un communiqué diffusé le 21 juin.

L’Assemblée a confirmé son soutien à la politique migratoire du Conseil de la FEPS. Se fondant sur des valeurs chrétiennes. Ainsi, les personnes sans autorisation de séjour doivent bénéficier de la protection des droits fondamentaux reconnue par la Constitution fédérale, sans s’exposer au risque d’une expulsion. Il faut en outre créer la possibilité d’une régularisation du statut pour des groupes de personnes.

Selon le Conseil de la FEPS, «il ne convient pas que les nouvelles dispositions légales produisent de nouveaux sans-papiers, et le travail au noir doit être combattu avec efficacité». Quant aux mesures de refoulement, le Conseil demande «l’institution d’un conseil et d’une assistance au retour afin de favoriser les départs volontaires». Et si les refoulements de force sont inévitables, les dispositions de la déclaration des droits de l’homme doivent être respectées. Le Conseil n’est pas favorable au durcissement du droit d’asile tel qu’il a été décidé par le Conseil des Etats, et espère que le Conseil national y apportera des amendements.

L’oecuménisme reste une priorité

Les questions de fond soulevées par un postulat de l’Eglise du canton de Zurich sur l’oecuménisme ont occupé une place importante des débats. Le Conseil de la FEPS, signataire de la Charta OEcumenica, a réaffirmé clairement son attachement à l’oecuménisme et sa volonté de mettre en pratique les engagements pris par la signature de la Charte, et cela de manière à ce que les Eglises réformées et catholique, mais aussi celles qui sont issues d’autres traditions chrétiennes, puissent continuer à marcher sur la voie du rapprochement mutuel.

Cependant, relève la FEPS, «il est important de ne pas estomper les spécificités réformées dans le débat théologique et dans la pratique ecclésiale, mais au contraire de les affirmer». En maints endroits, l’oecuménisme est florissant dans les paroisses, mais il se heurte à des obstacles institutionnels. En dépit de toutes les difficultés, le Conseil de la FEPS ne souhaite pas un antagonisme et il est d’avis qu’outre l’oecuménisme pratiqué au quotidien, une collaboration des directions ecclésiales est importante pour la réconciliation.

Un soutien sans réserves à l’Open Forum de Davos

Le rapport d’évaluation sur l’Open Forum de Davos a été bien accueilli par l’Assemblée, qui a notamment apprécié la position nuancée du Conseil sur la question de la mondialisation et la possibilité d’un débat public qu’offre l’Open Forum, lequel est «un moyen de prendre conscience des problèmes et de se faire une opinion». En présentant son rapport d’évaluation à l’Assemblée, le Conseil de la FEPS a souhaité expressément que la participation de la FEPS à l’organisation de l’Open Forum de Davos bénéficie d’un large appui de l’Assemblée. Les délégués ont approuvé à 57 voix contre 5 la poursuite de la participation à l’organisation de l’Open Forum.

L’Assemblée a élu au Conseil Urs Zimmermann, pasteur de la paroisse de Wettingen-Neuenhof (AG), qui succède au pasteur lucernois David A. Weiss, dont la démission prendra effet à la fin juin. Urs Zimmermann, âgé de 62 ans et père de quatre enfants, passe ainsi du législatif (où il siégeait comme délégué depuis 1999) à l’exécutif. (apic/com/bb)

21 juin 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
Partagez!