Sénégal: Un groupuscule catholique appelle à voter pour Abdoulaye Wade
Election présidentielle sous haute surveillance
Dakar, 24 mars 2012 (Apic) Près de 5,3 millions de Sénégalais retournent aux urnes ce dimanche 26 mars 2012, pour le second tour de l’élection présidentielle entre le président sortant Abdoulaye Wade et son ex-premier ministre Macky Sall. Celui-ci part favori après avoir rallié l’opposition et une grande partie de la société civile. Si l’Eglise catholique n’a pas donné de consigne de vote, un groupuscule religieux appelle à élire Abdoulaye Wade.
«L’Eglise catholique n’a pas de consignes de vote à donner, encore moins de favoris à présenter», a-t-elle fait savoir le 13 mars 2012, dans un communiqué, qui n’a pas empêché un groupe de catholiques, la «Jeunesse chrétienne» de prendre position en faveur du président sortant.
La «Jeunesse chrétienne» a répertorié, la semaine dernière dans la presse nationale, les actions du président Wade en faveur des catholiques. Elle a évoqué le soutien au pèlerinage Popenguine, aux Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) et le financement de la restauration de plusieurs églises, dont la cathédrale du Souvenir africain de Dakar (près de 600 millions de francs CFA, soit plus d’un million de francs suisses). A cela s’ajoutent, selon le groupe, les billets d’avion offerts chaque année aux catholiques du pays pour se rendre sur les lieux saints de la chrétienté.
«Tant d’actions que l’on ne peut comparer à celles du défunt régime socialiste, pour la bonne et simple raison que les anciens présidents socialistes (Senghor et Diouf) n’ont jamais autant soutenu la communauté catholique, même à l’occasion de ses fêtes», a souligné la «Jeunesse chrétienne».
300 observateurs étrangers
Candidat à sa propre succession, le président sortant Abdoulaye Wade, 85 ans, est au pouvoir depuis 2000. Si Wade est arrivé en tête du premier tour du 26 février avec 34,81% des voix, son ex-premier ministre Macky Sall (26,58%) est donné favori. Agé de 50 ans, il a obtenu le ralliement des douze candidats éliminés au premier tour. Il dispose également du soutien de nombreuses organisations de la société civile, de mouvements de jeunes comme «Y’en a marre» et de personnalités telles que le célèbre chanteur Youssou N’dour. Après deux mandats, la candidature de Wade a été jugée «anticonstitutionnelle» par ses détracteurs.
Quelque 300 observateurs étrangers surveillent le vote, notamment de l’Union africaine (UA), de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union européenne (UE). (apic/com/afp/ibc)



