Canada: Une musulmane expulsée d’un collège parce qu’elle portait le voile
Elle a déposé plainte
Toronto, 9 mars 2010 (Apic) Une musulmane a déposé une plainte pour violation des droits de la personne après avoir été expulsée d’un collège canadien pour avoir refusé de retirer le voile qui couvrait son visage.
La femme, d’origine égyptienne, a le statut de résidente permanente au Canada. Elle a été admise dans un cours de français financé par le gouvernement et destiné aux immigrés récemment arrivés à Montréal, dans la province du Québec.
Le cégep Saint-Laurent, un collège d’éducation secondaire, l’a expulsée en novembre 2009 suite à son refus de retirer son niqab, le voile qui recouvre tout le visage à l’exception des yeux.
Selon l’école, le niqab interfère avec l’enseignement de la langue, puisque le cours comprend des exercices d’élocution, qui nécessitent de pouvoir voir comment l’élève prononce les mots en français.
« Pour le professeur, il était plus difficile de l’entendre, et tout le monde avait plus de mal à comprendre ce qu’elle avait à dire », a déclaré le directeur de l’école, Paul-Emile Bourque.
Les responsables de l’école ont affirmé que différents arrangements avaient été tentés entre février et novembre 2009. La musulmane voilée avait auparavant demandé aux hommes de sa classe de ne pas lui faire face et l’école lui avait permis de présenter un exposé oral au fond de la classe, le dos tourné aux autres élèves.
Le niqab empêche une bonne prononciation dans l’apprentissage d’une langue
L’ordre de retirer son niqab lui a été intimé après une visite de responsables du ministère de l’Immigration du Québec. On lui a indiqué qu’elle pouvait suivre les cours par Internet.
La femme, désignée sous le nom de Naema, a déclaré à la chaîne d’information canadienne CBC News qu’elle souhaitait apprendre le français afin de pouvoir travailler comme pharmacienne dans la province.
Elle a déposé une plainte auprès de la Commission des droits de la personne du Québec, invoquant une violation de sa liberté de religion.
L’intégration des minorités religieuses est une question sensible dans de nombreux pays occidentaux depuis quelques années. En janvier, une commission parlementaire française a recommandé l’interdiction du port du voile musulman dans les lieux publics, sans aller toutefois jusqu’à l’interdire totalement.
Au Canada, un tribunal de l’Ontario avait ordonné l’année dernière à une victime présumée d’agression sexuelle de retirer son niqab pour pouvoir témoigner contre deux hommes accusés de son agression.
La femme a fait appel de cette ordonnance et se trouve en attente d’une nouvelle audition en la matière. (apic/eni/js)



